Une semaine pour reprendre confiance en soi et en l’avenir – Jour 3 Le travail

Sujet difficile que celui d’aujourd’hui, ayant pleinement identifié les jours précédents ma capacité à synthétiser la connaissance et remonter à la racine du problème pour ensuite en tirer un faisceau de solutions qui demeure relativement large, trop dans un monde qui demande que les plans de carrière soient parfaitement définis. L’objectif de cette journée était donc très fort.

Je rappelle en premier lieu note position dans le programme :

  • J1 (lundi) : image du Monde, passé, présent, avenir, ma mission et mes objectifs
  • J2 (mardi) : relations sociales
  • J3 (mercredi) : le travail, carrière
  • J4 (jeudi) : bien-être et réenchantement
  • J5 (vendredi) : synthèse, remotivation et finalisation du tableau

Vous constaterez que j’ai modifié le quatrième item en « bien-être et réenchantèlent » plutôt qu’en « bien-être et administratif ». J’en parlerai demain !

Quoi qu’il en soit, ce troisième jour s’est articulé autour de deux questions :

  • Comment mieux vivre mon travail ? Comment me positionner par rapport à lui ?
  • Plan de carrière – où aller et comment ?

La première question procède d’un constat simple : bien que le travail puisse être lieu d’épanouissement et de passion et bien que l’objectif terminal soit qu’il s’harmonie avec le reste de sa vie, il reste néanmoins un impondérable permanent de la vie. A moins bien sûr d’être riche à millions, le travail est nécessaire pour survivre. Mieux vaut donc apprendre à bien le vivre, même quand il ne me plaît plus ! Ensuite, après avoir considéré cette posture réactive, il s’agit quand même de faire évoluer sa carrière dans le bon sens pour servir nos objectifs de vie.

Le point le plus délicat de ce jour sera de trouver absolument un objectif précis de carrière. Vous ne devez pas sortir sans poste précis. Sinon vous serez toujours dans le flou et donc dans la détresse.

Ceci étant dit, nous pouvons commencer à discuter du sujet !

I – Comment mieux vivre mon travail – Comment me positionner par rapport à lui ?

1) Relativiser – Les points positifs de mon poste

Avant toute chose, je pense qu’il est important de vous demander pourquoi vous êtes ici. Si vous êtes ici, c’est que votre carrière – du moins votre poste actuel – ne vous convient plus. Mais, en vous rappelant cette réalité que votre travail est nécessaire à votre survie, et puisque pour l’instant vous ne pouvez pas y faire grand chose, commencez par lister les points positifs de votre travail. Mais attention, les points positifs qui sont des leviers pour votre épanouissement et/ou votre avenir. Par exemple, dans mon cas :

  • Les gens me font confiance : bien sûr, je dois réaliser des tâches et il arrive que l’on m’impose une méthode, mais globalement je suis libre de mes choix et on me laisse gérer mon temps entre projets annexes et principaux.
  • J’y ai de bonnes relations : je ne sais pas si certaines sont vraiment désintéressées ou pas, mais le fait est que je suis ni bousculé, ni embêté. Mes relations sont chaleureuses avec un certain nombre de personnes.

Celles-ci sont des leviers, des points importants pour mon épanouissement. Par contre, le fait que le travail soit proche de chez moi ou que la paie soit correcte vu mon expérience n’est pas une vraie aliénation. Du moins pour moi, cela ne rentre pas dans ma vision de l’existence. En clair : gardez l’essentiel.

2) Se convaincre qu’on veut vraiment changer – Les freins graves à votre projet de vie

Ensuite, comme le positif ne vient jamais seul, demandez-vous ce qui par contre représente un frein notable. Là encore, évitez de vous perdre dans des détails insignifiants du genre « les bureaux sont moches ». Gardez l’essentiel, notamment en regard de votre développement de carrière et de votre épanouissement au regard du travail fait le premier jour sur l’Ikigai. Pour moi :

  • La rémunération est limite – surtout, il n’y a aucune prime donc rien de motivant
  • La mort du métier de Data Scientist, qui du reste ne m’intéresse plus
  • Des perspectives sombres pour mon poste : superviseurs opportunistes, plus de recherche, évolution négative

Servez-vous de cet inventaire pour comprendre que vous n’avez pas à faire plus que de jouer le rôle de prestataire dans votre entreprise. En d’autres termes, d’augmenter l’effort mais pas l’objectif.

Mais attendez, vous devez vous demander si vous avez bien lu ! Je viens de vous dire de lister des points négatifs pour vous convaincre que vous voulez changer tout en vous disant d’augmenter l’effort. N’est-ce pas contradictoire ? Non.

3) Se détacher n’est pas « démissionner » au sens propre comme figuré – Le travail comme objet du moi

Vous rappelez-vous cette idée que le travail est un objet du moi et que le moi surplombe les objets ? Eh bien votre travail n’est pas vous, il n’est donc pas une métrique de votre existence. Au contraire, le travail pèse comme une richesse dans votre existence : en clair, il ne contraint pas vos objectifs, il les sert.

Il est important de comprendre que vous devez changer de perspective.

L’espace libre de votre travail est un lieu d’épanouissement et de développement de votre objectif de vie. Par contre, votre lien au travail est un devoir. Vous être un prestataire.

La première raison donc d’augmenter l’effort est que votre travail est un espace d’opportunité pour développer votre objectif et vous épanouir.

Deuxièmement, il est important de prendre la mesure de son rôle de prestataire en gardant le goût de l’effort. Changer de travail n’aura pas un effet miracle, il ne vous réhabituera pas comme par magie à bien faire votre travail. Ainsi, paradoxalement, même si vous n’aimez pas votre travail, il est important de bien le faire. Car en le faisant bien, en y mettant suffisamment d’effort, vous gardez confiance en vous et en votre capacité à partir sereinement car vous être capable et reconnu comme tel. En sus, bien faire votre travail vous libèrera l’esprit et vous permettra donc de réserver plus d’énergie à votre vraie voie. Par contre, comme vous ne jouez pas votre vie au travail, n’augmentez pas l’objectif. Le seul objectif à augmenter, c’est votre objectif de vie si vous le jugez pertinent. Pas l’objectif que vous fixe votre poste et même si vous avez un poste à responsabilité. Faites mieux, efficacement, mais pas plus. Vos horizons sont bouchés, ne jetez pas votre énergie dans le vide !

4) Solutions au quotidien pour mieux vivre mon travail

Cette étape est assez personnelle. Pour tout vous dire, la mienne ne ressemble pas à grand chose mais voici ce que j’en retiens :

  • bien faire son travail en augmentant l’effort pour y reprendre goût et réaffirmer votre compétence
  • ne pas augmenter l’objectif car vous n’y gagnerez rien, vous y perdrez
  • vous êtes un prestataire/un collaborateur et les autres jouent le même rôle ==> ne pas en vouloir aux autres, ne pas faire d’affaires personnelles
  • avoir confiance en votre position, toujours agir comme légitime
  • notez les quatre principes fondamentaux (non remplissage – focalisation – augmente l’effort pas l’objectif – le moi surplombe les objets)  sur une feuille et remémorez vous les régulièrement
  • vous êtes toujours vous au travail, pas un demi-être réduit à son poste
  • cultiver la foi en l’avenir

Maintenant que vous êtes armés pour mieux vivre votre poste actuel, vous pouvez songer à la suite de votre carrière ! Evidemment, ces points resteront vrais dans le futur aussi. Vous n’augmenterez l’objectif que lorsqu’il faudra faire vos preuves !

II – Plan de carrière – Où aller et comment ?

1) Le point de départ – le travail du jour 1, votre Ikigai

Je vous le dis : vous avez déjà prémâché le travail de cette partie le premier jour en réalisant votre analyse Ikigai et sa méthode de recoupement. Dans mon cas, j’avais noté :

Etre capable d’éclairer le monde, leur apporter les moyens et l’analyse au dessus des tracas du quotidien pour comprendre le besoin fondamental.

Reprenez donc le fruit de la synthèse de la partie I et utilisez le comme point de départ. Si votre analyse a changé depuis suite aux travaux menés, recommencez. Quoi qu’il en soit, il est inutile de partir d’autre chose. Pourquoi ? Parce que le bon objectif de carrière concilie tous les points de l’Ikigai. Bien sûr, comme je vous l’ai dit, une carrière ne peut résumer votre existence et ne peut suffire à votre épanouissement. Néanmoins, il vaut mieux viser l’harmonie de carrière que la compartimentation de votre vie. On entend souvent en effet qu’il faudrait « séparer sa vie professionnelle de sa vie personnelle ». Mais avez-vous vraiment deux vies ? Non, vous êtes la même personne à des endroits différents. Vous n’avez pas les mêmes objectifs et devoirs, mais vous êtes bien la même personne avec les mêmes objectifs de vie, ils ne disparaissent pas comme par magie ! L’harmonie de la vie est donc le véritable objectif. Les compromis viendront avec l’expression concrète, pas avant !

A partir de cela, et selon votre expérience, vous pouvez déjà lister des postes associés. Ne vous bridez pas, même si ces postes n’existent pas, nommez les et décrivez les si nécessaires. Dans mon cas, voilà ce qui m’est venu en tête :

  • analyste des organisations
  • responsable des processus
  • directeur de la stratégie
  • consultant opérationnel

Le plus dur est maintenant à venir. Il va falloir aboutir à un poste réel qui vous guide vers ce job « idéal ». Commençons d’abord par lister vos qualités et vos défauts. Vos défauts devront être discutés et mis en perspective. En sont-ils vraiment dans le monde du travail et dans le poste que vous visez ? Je vous aide…

2) Vos qualités et freins pour ce projet

Dans mon cas, mes trois qualités principales sont : 1) d’être capable d’identifier le besoin fondamental 2) de fédérer autour d’une idée forte 3) d’argumenter et de communiquer, je suis un excellent interprète du besoin métier

Mes trois freins principaux (je précise que je ne me suis pas limité à trois, c’est venu comme ça, ne vous limitez pas non plus mais gardez l’essentiel !) :

  •  une difficulté à transformer une idée en plan d’action

Vrai problème ou pas ? Dans une certaine mesure, oui. Ce poste n’a pas à proposer des changements concrets dans le détail mais être capable de communiquer une feuille de route

Etc. Pour chaque frein, demandez vous honnêtement si c’est un problème. Vous aurez ici des axes de progression.

3) Déterminez un projet professionnel clair – Un poste concret

Maintenant que tout ceci est dit, il va falloir chercher quel poste vous allez viser. Faites le en gardant à l’idée que vous avez déjà un bagage.

Je vas vous aider.

Commencez par formuler votre demande sans filtre ni conformisme aux postes existants. Dans mon cas :

Responsable de la qualité de service aux opérationnels. Collecter les besoins transverses et les généraliser, les synthétiser en besoins fondamentaux que l’ensemble de la chaîne IT est capable de gérer d’un point de vue fonctionnel

Questionnez-vous alors sur la viabilité de votre projet. Pouvez-vous l’atteindre directement ? Est-ce un poste qui existe ? Cherchez sur internet. Dans mon cas, il n’existe pas. Ou du moins il est beaucoup trop avancé pour moi à mon stade actuel. C’est un poste d’urbaniste fonctionnel voire de directeur IT.

La question qui suit est donc, comment compléter mon métier actuel pour évoluer vers cet objectif ? Si vous n’avez aucun lien, la mauvaise nouvelle (et la bonne !) est que vous allez devoir soit changer de poste en interne dans la voie qui vous intéressent soit reprendre vos études  ! J’espère donc que vous avez fait el bon choix au départ. Il est néanmoins possible de changer de métier avec des compétences déjà acquises et les diplômes qui vont bien… Bien sûr, si vous voulez passer d’historien à programmeur, il faudra sacrément de volonté pour convaincre ou une formation. Mais si comme moi, vous avez déterminé votre prochaine étape : consultant en organisation, il est possible d’argumenter. J’ai les diplômes qui vont et ma position implique de travailler sur les problématiques métier de ma branche. En travaillant votre CV, en mettant en avant des choses différemment et en argumentant, ce genre de transitions est possible !

Au niveau des synergie, ce poste m’apportera une légitimité dans la capacité de synthèse des besoins transversaux tandis que mon premier poste se chargera de justifier ma connaissance des systèmes informatiques et de la data. C’est bien le rôle de l’urbaniste : faire la passerelle entre les besoin transversaux et le système.

Comment faire maintenant ? Elaborez un plan d’action très succinct

4) Comment faire ? – Votre plan d’action

Contentez vous de lister les actions à mener. Pas besoin de dater pour l’instant, contentez vous de noter et promettez vous de le faire. Ce n’est pas aujourd’hui que vous allez le réaliser 🙂

Dans mon cas :

  • Me renseigner sur le job
  • Préparer un argumentaire
  • Tenir un journal dédié
  • Modifier mon CV
  • Rafraîchir mes connaissances de cours

Donnez vous une date, en quelle année voulez-vous que ça se réalise ? Pour ma part, cette année !

Puis parlez en, à votre copine/votre copain, votre chez même si vous pensez qu’il peut l’entendre. Dans mon cas, je sais qu’il me dira qu’effectivement les opportunités sont bouchées.

C’est fini, vous savez où aller. Mais avant de partir, vous êtes à ce stade presque paralysé par la peur. On va finir par se rebooster et se rappeler une bonne résolution !

III – BONUS – Mieux vivre sont travail BIS, par une prise de confiance en moi

Rappelez-vous ici en quoi vous êtes parfaitement légitime à votre poste. Expliquez le. Vous l’êtes, vous êtes un collaborateur et vous êtes payé pour votre travail parce que vous en avez les compétences. vous pouvez changer par ce que les avez aussi.

Expliquez en quoi vous méritez de mieux vivre votre travail.

Puis synthétisez l’ensemble, rappelez-vous pourquoi vous devez quitter votre emploi ou votre poste pour un autre, pourquoi vous devez retrouver le goût de l’effort et surtout pourquoi vous devez cultiver votre foi en l’avenir. Pourquoi enfin votre analyse est juste, parce que personne n’est plus à même de juger ce qui ets bon pour vous que vous.

Comment voulez-vous prendre votre mesure dans votre emploi actuel et dans le futur ? Dans mon cas :

  • Vivre mon rôle de pédagogue
  • Evangéliser ma pratique
  • Améliorer la qualité de mes rapports

Le moi surplombe les objets, ne l’oubliez pas !

A demain donc pour réenchanter votre vie car le travail n’est pas votre vie.

Rêve, ambition et objectif – Dynamiques

Histoire de revenir un peu à de l’intellectualisation – afin de synthétiser un peu mon expérience – j’ai pas mal réfléchi dans les transports sur ce problème des ambitions, des objectifs, etc. En fait ça a plutôt été comme une sorte de flash rapide mélangé à de l’écriture automatique mais bon on s’est compris…

On commence par un enfoncement de portes ouvertes : l’ambition se définit à un niveau individuel par référence à une valeur subjective tout simplement parce qu’elle se résume à une tension d’une position A vers une position B jugée « meilleure ».
C’est un enfoncement de portes ouvertes mais qui mérite quand même d’être posé puisque la notion d’ambition se réfère en général plutôt à une ambition sociale, i.e. de l’individu comparé à la société. On a donc rapidement fait de se flageller pour manque d’ambition ou d’en être accusé.

Mais cette notion d’ambition amalgamée à une valeur « objective » peut se comprendre en ce que l’ambition se situe quelque part entre le rêve et l’objectif.

Passons sur ce point pour revenir à l’essence de l’ambition : avoir la volonté de passer d’une position A à une position B « meilleure ». Cette position A c’est le soi dans l’état présent et B le soi dans un état futur relativement bien identifié. L’implication immédiate de cette logique amène à mettre en évidence un aspect essentiel de l’ambition : elle nécessite une « acceptation » du soi présent et la conscience d’un « manque », manque qui est comblé dans le futur état B. Comme le dit Johnny « On a trop donné bien avant l’envie ». Cette vision négative existe bien sûr dans une vision plus positive : j’aimerais augmenter A de B\A, cependant il s’agit essentiellement d’un changement futil de perspective, dans ce qui ne nous intéresse cela ne change rien.
L’illusion sur soi, le rejet de ses pensées/désirs, la négation de soi détruit donc l’ambition.

Réciproquement, l’adoption de la valeur « ambition » de l’inconscient collectif (ambition sociale) conduit à la négation de soi. Ainsi, nous tombons dans une boucle : je nie mon ambition => j’écrase mon moi => je ne suis plus en mesure d’aboutir à une ambition.

Revenons maintenant à cet autre regard sur l’ambition : quelque part entre le rêve et l’objectif. L’ambition est en effet un moi futur que l’on pense atteignable (moi dynamique j’entends, par exemple : celui qui a construit un engin capable de voler et qui en est fier). C’est une traduction du rêve :

– rêve : je veux voler comme un oiseau
– ambition : je veux construire un engin capable de voler et de me transporter
– objectif : je vais construire un prototype d’ici deux ans

Entre l’objectif et l’ambition, la différence peut être assez subtile voire inexistante. Cependant, l’ambition est toujours terminale alors que l’objectif peut être une étape à cette ambition (un objectif peut être déplaisant, par exemple devoir faire du démarchage pour lancer son entreprise pour une personne qui déteste). L’objectif est également plus précis et technique alors que l’ambition est encore assez malléable comme le rêve tout en incluant une part de ressenti. L’objectif est une exécution.

Bien sûr les trois peuvent se confondre : par exemple être champion du monde de natation. Mais est-ce bien vrai ? Le rêve inclut beaucoup d’éléments plus sensibles comme le fait de s’élever sur les gradins avec une pluie d’or, l’ambition peut inclure la fierté associée alors que l’objectif est seulement d’être champion. En somme, l’objectif rejette tout contrôle sur l’environnement qui est fixe (on ne va pas changer par exemple la difficulté du sport).

Je profite de ce dernier point pour embrayer : l’ambition, en ce qu’elle désigne un soi atteignable fait appel à la confiance en soi et à un jugement de faisabilité exogène. C’est tout le problème de l’égalité des chances :l’asymétrie de l’information et la répétition des schémas environnementaux. Quoi qu’il en soit, l’ambition est parfois sur le chemin du rêve : l’ambition de sortir de la pauvreté pour atteindre son rêve qui plus tard pourra devenir une ambition grâce à la confiance acquise. Ce qu’il faut en retenir : les biais cognitifs grèvent la capacité à l’ambition et l’absence d’ambition correspond à une vision floue du futur.

Que faire de tout ça ? Pas grand chose mais voilà ce que j’en retiens par recoupement avec mon expérience :

-> L’ambition propre naît du rêve, du moins d’une connaissance et acceptation de soi
-> L’ambition précède les objectifs, aligner les objectifs sans ambition correspond à adopter une posture par défaut qui conduit à l’annihilation de l’être
-> L’ambition n’est pas égale à l’ambition sociale
-> L’ambition se construit à partir du rêve, par confrontation à la réalité/à l’environnement (étude de faisabilité)
-> L’ambition ne naît pas d’une attitude de « gagnant hyperactif », bien au contraire, cette attitude peut uniquement en être une connaissance
-> L’ambition nécessite une acceptation de l’état de doute : le doute a un sens, bien qu’il soit fustigé au profit de profils assertifs
-> L’ambition n’est pas une notion absolue, les désirs fugaces qui sont une forme d’errance éphémères apportent le matériel à la définition du soi et donc à l’ambition

Pourquoi les méthodes de prévision les plus simples sont-elles (souvent) les meilleures en automatisation de la supply chain ?

Tout juste sorti de votre école d’ingénieur voire de votre spécialisation en machine learning, votre première impulsion une fois propulsé dans le monde de l’entreprise est de vous imaginer collecter toutes les données de l’entreprise et de les mixer ensuite en un modèle de prévision ultra-sophistiqué multipliant la rentabilité de votre entreprise par dix (voire plus). Vous vous reconnaissez ? Ne vous inquiétez pas, tout le monde est passé par là ; votre premier gros projet de data science sera votre premier bizutage dans ce monde qui courbe malheureusement la plupart du temps l’échine au bon vieux pragmatisme opérationnel.

En effet, mon expérience dans la prévision a su me montrer que les modèles les plus simples étaient presque toujours les meilleurs en pratique. Pourquoi ? Nous allons le voir tout de suite…

I – Les modèles sophistiqués sont très intolérants aux petites variations structurelles

Si vous n’en êtes pas convaincus, essayez. Un modèle raffiné est un modèle qui implicitement amène avec lui des hypothèses sur les données, en somme, un modèle qui porte en lui une opinion beaucoup plus forte. Pour encore préciser : un modèle avancé va prendre plus de risque tout simplement parce que la minimisation concrète du risque dans un contexte inconnu est le choix médian (en supposant que la surestimation a le même impact négatif que la sous-estimation). Vous avez bien lu : il est très souvent difficile de battre un des estimateurs les plus puissants, à savoir la moyenne. Imaginons en effet un jeu dans lequel je doive choisir entre blanc et noir ou rien. Blanc et noir ont respectivement une probabilité d’apparition de 50%. Si je choisis rien, je suis sûr de perdre 50% de ma mise.

Statistiquement, vous allez me dire que tous les choix sont équivalents…statistiquement. Or, la réalité est que les décisions se prennent sur QUELQUES occurrences. Ce n’est pas sur 50000 commandes que je cherche l’équilibre mais là tout de suite ou dans un futur proche. Le choix ici est donc affaire de stratégie relative au risque. Qu’est-ce que le risque ? La probabilité de perdre d’une part mais aussi combien je perd. La sagesse ici dirait en réalité donc de ne pas jouer tout simplement.

Revenons en maintenant à notre modèle. Imaginons que le cas soit plus complexe. Par exemple, prenons un SKU qui semble démontrer une certaine saisonnalité instable avec des chutes chaotiques de ventes sans explication évidente (la « faute à pas de chance » en somme) et une tendance linéaire. Que donnerait d’après vous un réseau de neurones ou un ARIMA ? Il inférerait un pattern qui n’existe pas et prendrait une décision relativement extrême créant une amplitude de risque très forte alors qu’en réalité seule la tendance linéaire est prévisible. Rappelez-vous : le cerveau humain a tendance à surestimer l’existence de motifs dans les données, ses produits aussi. En réalité, une ligne serait un meilleur estimateur. Pragmatiquement même, en diminuant l’amplitude du surstock ou sous-stock, il diminuerait les risques financiers. Introduisez une valorisation de la perte et vous obtenez un optimum pragmatique.

II – Parce que les petites variations autour de la tendance importent peu

Disons le crûment : les petites oscillations n’ont aucune importance. Si elles en ont, un conseil : sous-stockez. Prenez l’occurrence minimale de votre série récente et vous aurez un meilleur estimateur que tout autre. Si elle n’en ont effectivement pas, relisez le paragraphe précédent et considérez ce qui suit.

Supposons que vous vendiez 100 unités d’un article par jour en moyenne. Que votre variance soit de 10 unités ou de 50, vous aurez de fortes chances de revendre ce stock de toutes manières. Si la tendance est claire, en réalité, il n’y a même pas besoin de prévision avancée : prenez la tendance. Il est plus risqué de multiplier par une saisonnalité incertaine que de choisir délibérément de subir un écart de stock contrôlé. Pourquoi ? Parce que la réalité est que ce qui importe n’est non pas de savoir que l’activité va se perpétuer comme hier mais d’anticiper une rupture totale de tendance. Imaginez que votre article passe d’une tendance de 100 à 1000. Aucun modèle du passé ne vous donnera ceci, jamais. Il est donc presque vain de chercher à prédire finement l’avenir et même dangereux. Parce qu’ici je vous ai parlé d’une tendance constante, mais imaginez extrapoler une tendance à la hausse et vous retrouver avec un effondrement des ventes. Que faites-vous de votre stock ? Il vous reste sur les bras.

En définitive donc, ce qui importe est l’intelligence du futur qui passe par une analyse du passé récent et du présent.

III – Parce que vous dépensez un temps précieux…qui pourrait vous servir à maîtriser la simulation décisionnelle

La réalité est donc que vous n’avez pas besoin de data scientist pour prévoir l’activité. J’ai moi-même testé les meilleurs algorithmes et outils commerciaux de prévision liés à la supply chain. Presque toujours, les résultats étaient en masse satisfaisants MAIS s’effondraient sur des petits cas générant des décisions catastrophiques si elles étaient exécutées de manière aveugle quand une simple moyenne augmentait la perte globale mais diminuait les surstocks locaux. Les opérationnels insistaient pourtant pour que je dépense de l’énergie (et la leur en recettes stériles) pour améliorer ce qui ne pouvait pas l’être ou très peu. Ils ne voulaient pas entendre que leurs moyennes étaient moins dangereuses en masse (toujours dans le cadre d’un traitement automatisé sur des centaines de milliers de références). Ils ne voulaient pas entendre que nos décisions influaient davantage que l’historique et qu’en fait la prévision devait être adjointe aux décisions et non agnostique de celles-ci.

Vraiment, cet effort est vain et vous pouvez lire la littérature qui généralement bénéficie de données presque trop belles pour être vraies : les modèles les plus basiques et anciens fonctionnent mieux. Recrutez donc plutôt un statisticien programmeur et vous aurez votre compte.

Gardez plutôt votre data scientist pour générer de l’intelligence du futur. Donnez lui les moyens de modéliser vos décisions, de capter les signaux faibles. Croyez-moi, vous en verrez les résultats !