Lost Odyssey, le chef d’oeuvre de la XBOX 360

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Il avait tout pour réussir : une équipe de choc, une pleine exposition médiatique, un doublage dans toutes les langues et tous les ingrédients des Final Fantasy les plus populaires (hormis les coups de cheveux), et pourtant il fut le dernier jeu d’une triade arrêtée prématurément avec l’annulation du dernier jeu programmé sur XBOX 360, à savoir Cry On. Si ce relatif échec reste aujourd’hui encore difficile à expliquer, à commencer par les critiques étonnamment beaucoup plus dures qu’à l’accoutumée voire souvent à côté de la plaque (surtout par rapport à d’autres productions du même genre relativement médiocres), Lost Odyssey demeure pourtant encore aujourd’hui dans l’esprit de beaucoup de gens le dernier vrai Final Fantasy et un trésor de générosité à bien des égards. Pour l’avoir moi-même acquis au premier jour et y rejouant pour la troisième fois, je n’ai pu que constater la bonification de ce jeu qui est d’autant plus savoureux que le jeu vidéo a depuis pris un tour complètement différent, notamment le JRPG. Alors, quels sont les ingrédients derrière le chef d’oeuvre et qu’est-ce qui a changé dans la société pour que ce jeu qui a tout des Final Fantasy mythiques de l’époque PS1 voire de FFX soit aussi souvent regardé avec dédain ? Nous allons essayer de le voir ensemble.

A l’origine du péché, un format jugé trop « classique »

Je dois avouer avoir beaucoup de mal avec l’argument censé être automatiquement à charge du classicisme, comme si la qualité impliquait forcément la nouveauté, surtout quand cet argument n’est même pas justifié par les faits, mais s’il faut tout de même admettre quelque chose c’est qu’effectivement Lost Odyssey est – à la louche – une production qui rappelle rappelle fortement Final Fantasy X à la grosse différence qu’il intègre aussi tardivement une carte du monde avec des lieux à découvrir pour les quêtes annexes comme dans les épisodes plus anciens. En effet, comme les Final Fantasy, le jeu de Mistwalker s’offre une progression plus axée sur l’aventure et le scénario que sur les combats ou la montée en niveau, ce qui n’a d’ailleurs rien d’étonnant puisque son concepteur n’es autre que le créateur de Final Fantasy, monsieur Hironobu Sakaguchi. A cet égard, il est déjà difficile de comprendre comment une formule mythique et révérée 6 ans plus tôt devienne tout à coup un motif de critique, mais nous y reviendrons par la suite…

Pour en revenir au jeu, Lost Odyssey se présente effectivement comme un Final Fantasy assez classique (même si le XII était passé par là un an plus tôt) avec des déplacements dans des environnements plutôt linéaires reliés par une carte du monde d’abord résumée à une liste de destinations puis à une vraie carte navigable en 3D (par bateau uniquement) et ponctués de combats aléatoires, de villes et villages, de quêtes annexes ainsi que d’intenses moments de scénario sous des formes diverses. Les combats quant à eux se présentent comme du tour par tout classique avec une grande importance accordée à l’ordre de frappe dans la stratégie et des vignettes des personnages en bas pour le matérialiser, à la manière de Final Fantasy X. De même, comme dans ce dernier, les combats de boss reposent énormément sur la gestion des faiblesses ou sur le timing comme dans ce dernier et non pas sur la montée en niveau.

Un système de combat de base classique mais avec des petites touches d’originalité qui font la différence

Ce dernier point me permet d’ailleurs d’embrayer sur les premières originalités du jeu qui, malgré ce que beaucoup ont pu dire, jouit de spécificités bien marquée. La première, comme je viens de le dire, est la limitation de la montée en niveau selon les zones afin de laisser le joueur se concentrer sur l’essentiel : la stratégie et l’aventure. En effet, chaque zone dispose d’une limite de niveau officieuse qui fait qu’un personnage ne gagnera presque plus rien (0 ou 1 exp sur 100…) à enchaîner les combats contre le menu fretin. D’une certaine manière, on pourrait voir cette manœuvre comme une façon de masquer une tare de gameplay assez abrutissante inhérente au genre sans s’en défaire, mais il faut bien reconnaître que d’être forcé par le jeu à optimiser son équipement (du moins en début d’aventure) plutôt que de bêtement grinder pour gagner en bourrin est plutôt salvateur, rendant les combats plus proches du puzzle que de simple comparaisons de puissances de frappe.

La seconde originalité tient à la formation de combat divisée en ligne avant et ligne arrière qui n’est pas totalement nouvelle mais qui ici gagne en importance, du moins sur le papier et au début de l’aventure. En effet, dans Lost Odyssey la santé initiale de la ligne avant définit un niveau de protection pour la ligne arrière qui diminue à plus haut niveau fortement les dégâts reçus par les lanceurs de sort qui sont non seulement beaucoup plus fragiles mais qui en sus sont tributaires d’un mécanisme d’incantation qui fait que chaque coup repousse le lancer effectif d’un sort (qui n’est pas instantané). Le joueur a ainsi tout intérêt à préserver cette ligne de défense, surtout que souvent les magiciens frappent beaucoup plus fort, voire à la restaurer par des compétences spécifiques (le soin en combat ne la restaurant pas, la ligne de protection dite « CG » pouvant être rétablies par des compétences comme « Mur »).

Or, de cette protection les magiciens ont en bien besoin étant donné que Lost Odyssey est un jeu assez polarisé dans ses choix. En effet, il n’y a pas vraiment de personnages hybrides (et quand il y en a, ils sont souvent faibles dans les deux catégories) : un mage est beaucoup plus fragile aux attaques et ses attaques physiques enlèvent au mieux une dizaine de points de vie. De même, les combattants au corps à corps peuvent lancer des sorts mais très lentement et avec une puissance misérable. De manière globale, les ennemis frappent fort avec quelques altérations redoutables qui laissent peu de place à une totale décontraction même si naturellement le jeu devient de plus en plus facile avec le temps, la faute à des capacités qui nous protègent de plus en plus efficacement, capacités que certains personnages peuvent acquérir dans leur ensemble, et ces personnages illustrent une dernière originalité majeure des combats : l’immortalité.

Cette immortalité constitue la spécificité principale de Lost Odyssey qui introduit des héros immortels dans notre équipe, dont le personnage principal. Ce pari qui peut laisser dubitatif (on se demande comment voir le game over dans ces conditions et quels enjeux scénaristiques peuvent exister) de prime abord ne doit pas faire oublier que l’on parle ici d’immortalité et non d’invincibilité : nos héros ne peuvent certes pas mourir mais ils peuvent être battus donc capturés. Pour autant, ces personnages disposent effectivement d’un avantage marqué sur les mortels qui constituent l’équipe. En premier lieu, les immortels ressuscitent naturellement en combat après quelques tours, mais il ne s’agit pas ici de leur atout principal étant donné ce que j’ai déjà dit sur le niveau des coups des ennemis qui peuvent vous décimer en quelques tours si vous vous engagez sur une mauvaise stratégie. En effet, en sus de leur reviviscence automatique, les immortels peuvent apprendre absolument toutes les capacités du jeu contrairement aux mortels qui gagnent des compétences prédéfinies en montant en niveau avec un ou deux emplacements d’accessoires pour les compléter. Pour ce faire, il y a deux moyens : créer un « lien de compétence » entre un mortel et un immortel, ce qui peut se traduire par le fait que les immortels apprennent en observant les mortels combattre, ou en équipant des accessoires. Dans les deux cas, les immortels apprennent ces techniques en gagnant des points de compétence à chaque combat, techniques qui une fois acquises peuvent s’équiper et ne requièrent plus aucun lien ou accessoire. Le seul garde fou ici vient du fait que les immortels ont un nombre limité de cases de compétences et qu’il faut donc arbitrer selon les combats et l’aventure entre les capacités disponibles (et il y en a beaucoup !) tandis que les mortels gardent disponibles tout ce qu’ils apprennent en gagnant en niveau. Néanmoins, ce léger avantage des mortels (de plus en plus faible que les immortels gagnent beaucoup de cases grâce aux graines de case et compétences qui augmente leur nombre) ne suffit pas à effacer l’écart de statistiques qui est légèrement à l’avantage des immortels qui en sus peuvent lancer plusieurs formes de magie alors que les mortels sont en général très spécialisés (mage noir, mage blanc, etc.). De fait donc, le jeu se jouera en jouant effectivement tous les personnages pour débloquer les compétences mais en privilégiant les équipes d’immortels (qui ne sont néanmoins pas en nombre suffisant pour remplir les cinq emplacements en combats).

Une immortelle bien chargée…

Ce privilège des immortels est d’ailleurs d’autant plus marqué que les compétences jouent un très grand rôle dans le jeu en changeant les équilibres de force de façon potentiellement très importante en combat. Je songe aux capacités de survie, aux protections aux éléments ou immunités aux altérations ravageuses comme la pétrification. A noter d’ailleurs que ces capacités d’action ou passives sont complétées par un dernier mécanisme qui fait l’originalité du titre : le cercle de frappe qui s’active en faisant une attaque simple. Ce cercle de frappe revient globalement à un jeu de rythme où il faut aligner le premier anneau sur le second, augmentant les effets des anneaux (qui sont le dernier type d’équipement) ainsi que leurs dégâts. Les anneaux offrent en effet des effets liés à ce type d’attaque simple (qui supplante même les capacités physiques) comme des augmentations de dégâts sur des types de monstres (mécaniques, bêtes, etc.), des taux de critique supérieur, etc. Récurrent, ce mécanisme peut se concevoir comme étant irritant à la longue, pour ma part je ne m’en suis jamais lassé !

Quoi qu’il en soit, s’il est vrai que dans sa globalité le jeu offre des combats et un cheminement assez classique avec son système de combat au tour par tour relativement posé (caractère contrebalancé par un taux de rencontres aléatoires assez faible par rapport au JRPG moyen, surtout old school), ses nombreuses spécificités en font malgré tout une expérience à la personnalité bien marqué et qui demande donc un temps d’adaptation. Stratégique sur le papier et de fait dans les deux premiers DVDs (sur quatre), Lost Odyssey n’est pas un jeu qui autorise les approches totalement irréfléchies et s’avère selon moi une expérience enrichissante et éloignée du caractère abrutissant du jeu de rôle classique, classicisme dont Lost Odyssey achève de s’éloigner en introduisant une autre spécificité dans l’expérience (cette fois hors combats) : les rêves.

Un millénaire de rêves – Une ode à la beauté humaine qui prend à revers le fantasme de l’immortalité

Eléments iconiques de Lost Odyssey, les rêves , véritables petites fables ou récits animés, jouent un rôle central dans l’expérience émotionnelle et philosophique du jeu en sus d’être intimement liés à l’expérience de l’immortalité qui, nous l’avons vu, joue un rôle à tous les niveaux. Pour mieux appréhender leur intérêt, il convient néanmoins de situer ces fragments de texte déclenchés par des réminiscences à la Proust dans le contexte du scénario du jeu.

A la tête de Kaïm Argonar, mercenaire qui semble âgé à première vue de 35 à 40 ans, le joueur est immédiatement plongé dans une bataille sanglante qui oppose les soldats de la république magique d’Uhra (le camp de notre héros) aux féroces Khents également soutenus par des armes magiques. Après quelques échanges de coups avec des soldats ennemis et un premier combat contre une machine magique qui constitue le premier (faux) « boss » du jeu qui se solde par une victoire de notre mercenaire, le ciel se teinte soudainement de rouge et un météore ravage le champ de bataille qui extermine tous les soldats présents… Tous ? Non, un seul homme dans la poussière se lève : Kaïm, ce fameux mercenaire qui n’a toujours pas prononcé un mot et dont on découvre désormais l’immortalité. Le regard vide, désabusé, notre mercenaire s’avère même amnésique et désabusé, croulant sous le poids de cette existence de mille ans qui lui reviendra par fragments qui, vous l’aurez deviné, sont ces fameux « rêves » qui émailleront son épopée (somme toute classique pour le coup) de sauvetage d’un monde au bord de l’explosion.

Kaïm, ou l’immortel blasé

Au départ donc de ces « rêves », il y a une réminiscence souvent déclenchée de manière optionnelle par des événements ou discussions dans les environnements du jeu quand ils ne sont pas directement intégrés dans la trame principale du jeu. Mais, plutôt que de servir à l’étoffement des personnages (comme certains le disent pour minimiser l’intérêt de ces textes), ces souvenirs sont le plus souvent porteurs des messages du jeu auxquels ils font écho de concert avec les événements concrets du scénario. Plutôt graves et ayant pour fil directeur un éloge de la vie au travers de la critique de l’immortalité par les personnages du jeu (la plupart du temps Kaïm qui fait davantage office d’observateur que de protagoniste), ces souvenirs rappellent les idées antimilitaristes ou humanistes qui ont fait suite aux différentes guerres majeures tout en célébrant également les petits moments de vie intime ou le sens du devoir typiquement inscrit dans la tradition japonaise. Plus très à la mode dans un monde en crise, ces idées présentées avec une forte dose d’humanité, dans un style très simple quasi biblique, font la part belle à l’émotion et ramènent une chaleur presque enfantine mais pourtant issue de la sagesse millénaire, d’autant plus que les événements propres au jeu illustrent la boucle de l’humanité qui recommence éternellement ses erreurs sous le pression d’une vie limitée dans le temps, ce temps qui pousse tout autant à marquer de son empreinte – pour le meilleur ou pour le pire – l’Histoire qu’à s’émerveiller tout autant des richesses que le monde a à offrir. Faisant ainsi l’apologie de la mesure dans un monde soumis au cycle éternel de la mortalité, qui fait à la fois la beauté et le malheur de l’existence, la philosophie de Lost Odyssey ramène au vieux « connais toi toi-même » qui incite originellement à se connaître au sein de la société et de ne pas céder à l’orgueil. Par opposition, les immortels ne pouvant être astreints à ce cycle, ne peuvent que se lamenter de l’observer et de voir chaque ami ou proche mourir le long du chemin, condamnés à une existence solitaire ou à la froideur d’une existence pragmatique qui a déjà goûté à la « pilule rouge ». Loin d’être uniquement sombres, ces récits célèbrent aussi les joies individuelles et élèvent l’espoir qui meut l’homme même s’il ne se concrétise que le temps de quelques siècles…Dans Lost Odyssey, Sakaguchi prend le sujet de l’immortalité, le plus souvent désirée comme un miracle salvateur, à contre pied pour y célébrer la mortalité non pas comme une pression mais comme une bénédiction ; comme le dit Kaïm, lui ne connaîtra jamais cette libération, cette reconnaissance.

Des récits magnifiquement illustrés aussi bien sur le plan visuel que sonore

Au delà des rêves, l’épopée principale du jeu célèbre lui aussi l’humanité en en exposant les pires aspects dans un voyage sur fond de guerre mondiale mélangeant des luttes et tensions de toutes les époques et tous lieux, en particulier l’ambivalente révolution industrielle, porteuse de bienfaits comme de dangers, ou encore la dictature de menace mondiale (ici portée par un autre immortel, soulignant l’aspiration à l’immortalité de mémoire des puissants qui dépassent la limite). A ce niveau, Le jeu de Sakaguchi en met plein la vue avec beaucoup de rebondissements au niveau mondial, présentant trois dirigeants qui pèchent tous par excès dans un domaine (utopie aveugle, pragmatisme cynique ou volonté de toute puissance) et qui secouent le monde de Lost Odyssey. En marge de ces conflits véritablement spectaculaires, une autre épopée plus intime se dessine entre les personnages du jeu qui vont redécouvrir leur histoire et retrouver également l’humanité qu’ils ont acquise au cours de ces mille ans qu’ils ont eu tort de voir sous un angle purement pessimiste. Entre retrouvailles, villes ravagées et morts tragiques, le jeu semble faire d’un point d’honneur le fait de réussir à vous faire pleurer…et inutile de dire que ça marche même pour beaucoup d’endurcis. Et vous savez quoi ? Même avec cela, on n’arrive même pas à considérer Lost Odyssey comme véritablement niais…tout ceci grâce aux talents d’équilibriste de Sakaguchi qui réussit toujours à concilier maturité (les thèmes et personnages sont en effet plus matures qu’à l’accoutumée, les immortels ayant le physique et la mentalité d’adultes de 35-40 ans et non de 17-18 ans comme de coutume) et « sucrosité » sans jamais franchir la limite.

Sakaguchi l’équilibriste

Cet équilibre, c’est à mon sens ce qu’il manque vraiment aux Final Fantasy modernes (et ce même quand je les ai bien aimés comme Final Fantasy VII Remake par exemple) et aux jeux de rôle japonais en général qui sombrent souvent dans un infantilisme ou des délires dégoulinants pour préadolescents. En fait, j’adore ce côté fou des productions japonaises mais cela peut rapidement se retourner contre des oeuvres qui peuvent tomber facilement dans la « neuneuserie ». Par contre, du temps de Squaresoft, je pense que le principal impact de Sakaguchi, en dehors de ses productions personnelles, était de gérer suffisamment bien la production pour ne jamais tomber dans un fossé duquel il était difficile de sortir (par exemple les fileurs du récent FFVIIR) et savait garder un côté humain aux jeux tout en paradoxalement faisant cohabiter plusieurs excès comme ici, dans Lost Odyssey, une forte propension au larmoyant mais qui est suffisamment épaulée de paroles sages et de personnages matures et éclairés sur la réalité du monde pour ne pas sombrer dans le gouffre de la niaiserie.

Lost Odyssey – Aux portes de la niaiserie mais jamais les pieds dedans…

De même, bien qu’il soit relativement sombre et grave, Lost Odyssey ne perd jamais sa dose d’humour qui elle-même ne sombre pas dans la bouffonnerie (voir le développement sur Jansen plus bas). Il est assez facile de sortir deux ou trois mascottes ou un clown de l’histoire qui sert de bouffon orgiaque, mais il est plus difficile d’imprimer un peu de légèreté dans des personnages et des situations qui restent malgré tout humaines et non caricaturales.

Ce don d’équilibriste se retrouve d’ailleurs dans le gameplay qui, même si critiqué et assez tributaire des tares inhérentes au genre, fait durer juste assez longtemps les donjons pour être au bord de la fatigue mais qui arrête la tribulation assez tôt pour faire marcher le scénario et ne pas faire retomber le rythme de la narration et les émotions associées. De même, le taux de rencontre demeure assez bas lors des quelques séances de « puzzle » pour ne pas vous faire tomber de rage. Bien sûr certains y trouveront à redire, et je peux comprendre les combats contre le menu fretin ne font jamais plaisir, combats aléatoires ou pas, mais dans l’absolu le jeu ne fait jamais durer le calvaire des donjons (calvaire qui fait partie de l’expérience du JRPG) assez et inversement ne noie pas le joueur dans le tout directif avec des arrêts trop fréquents (comme dans Final Fantasy XIII où les personnages intervenaient sans arrêt pour redire exactement les mêmes lignes de texte). Les quêtes annexes rappellent elles aussi Final Fantasy VII ou VIII avec un petit nombre d’entre elles mais toutes de qualité et narrées. Enfin, si cela ne suffisait pas, les arrêts dans les villes permettent de découvrir des mini jeux comme une sorte d’arène, de la musique cubique (mal branlée je le concède) ou encore une salle des ventes.

Le jeu sait détendre l’atmosphère dans des scènes improbables

Le fait que les villes regorgent de vie et permettent de parler aux personnages non joueur (ce qui semble disparaître au profit de personnages qui font partie du décor) autorise le joueur à capturer un peu de l’intrigue de fond du jeu et de débloquer des micro-quêtes qui donnent ce sentiment d’aventure qui n’existe plus depuis que ce mécanisme pourtant basique de presser sur une touche pour parler au peuple ait disparu des jeux vidéos qui perdent leur faculté d’immersion.

Une direction artistique phénoménale qui s’éloigne des canons de beauté « faciles » pour figurer – Lost Odyssey ou le dernier « Final Fantasy » conçu comme une symphonie

En sus d’être un personnage ambivalent qui se révèle dans tout son humanité, Jansen illustre un des points les plus controversés de Lost Odyssey, à savoir l’apparence des personnages qui est pour le coup assez déconcertante, surtout pour les fans de jeux de rôle japonais plus habitués à des héros à mèches plutôt adolescents. Pour ma part, le design des personnages n’a pas pour seul rôle de plaire aux yeux ou de superficiellement suggérer un rôle bien établi mais au contraire peut suffire à évoquer l’essence des âmes qu’il entoure. Et à ce titre, les personnages de Lost Odyssey, dessinés par Takehiko Inoue, un mangaka au style plutôt mature et détaillé, réaliste mais pourtant suffisamment figuratif pour évoquer l’âme des personnages.

L’artwork de Jensen face à la réalité du jeu

Le design de Jensen figure d’ailleurs parmi les plus élégants du jeu et illustre parfaitement mon propos. Il y a dans son allure des indices de sa première impression : ses « culottes » encerclées de ce qui semble être des couronnes ainsi que l’allure générale de ses vêtements rappellent le côté « bouffon » qu’il se traîne une bonne partie du jeu. Mais l’écharpe fine, les nuages stylisés et la base ce rappellent aussi une nature élégante, sensible et aventureuse. Ainsi, ce personnage qui démarre comme une tête à claque, aidé par son allure orgiaque et bouffonesque se révèle au fur et à mesure comme un homme élégant, sensible et curieux, faisant découvrir en même temps que les mots les détails de son allure. Dans un autre registre, les « ailes » stylisées de Ming s’opposent à son collier qui rappellent son enfermement tandis que son visage dissimule sous des air ingénus une expression subtile d’une femme d’Etat bien plus redoutable qu’il ne paraît dans son habit exaltant la sensualité et la sensibilité.Le sceptre rappelle la vérité : Ming est une femme de tête et non une femme de corps (première impression).

En sus du design originel, Lost Odyssey arrive à capter l’essence des personnages comme Kaïm au travers du regard, comme celui qu’il lance dans la (très) sous-côtée seconde introduction du jeu (la première étant la plus connue grâce à sa transition cinématique-jeu parfaite).

Notez le regard vide de Kaïm dans une scène qui cristallise tous les enjeux et aspects du message de Lost Odyssey

Cette scène me permet d’opérer une transition vers un deuxième aspect de la réussite totale que représente Lost Odyssey sur le plan artistique et qui manque cruellement aux Final Fantasy après le X : la mise en scène. Totalement figurative sous une musique qui atteint la grâce, nous voyons Kaïm tourner lentement son regard vide et désabusé sur un monde en pleine révolution industrielle, monde qu’il observe au travers un hublot comme un spectateur. Le pendule oscille inlassablement, rythmant les vies mais rappelant le cycle sans fin de l’humanité dont j’ai parlé plus haut et qui est d’ailleurs le sujet d’un rêve impliquant Ming. Un temps mesuré, inflexible qui s’arrêtera gelé ailleurs dans un sinistre écho… (mais je n’en dis pas plus). Derrière la beauté et la gloire de ce paysage (la figure du saint), se cache aussi un dragon (quand le cube pivote) dont les flammes industrielles noient la ville d’Uhra. Ici, chaque plan a son importance et l’angle de vision d’autant plus. Et c’est sur ce dernier point que je voudrais insister : Lost Odyssey ramène un des charmes des jeux aux décors prérendus sous une Unreal Engine qui a pourtant tendance à aseptiser les jeux et à les rendre grisâtres, à savoir l’angle particulier de vision qui est aussi suggestif qu’une photographie.

Le procédé oublié des angles de vue si évocateurs…

Non seulement ces angles offrent aux décors déjà soignés beaucoup de cachet mais en sus ils y apportent une puissance évocatrice forte sans avoir besoin outre mesure d’en dire des tonnes. Je pense par exemple à la ville de Gohtza.

Ces angles participent aussi au dynamisme ressenti du jeu (qui en avait bien besoin sur XBOX 360 avec ses temps de chargement), comme lorsque les personnages frappent.

Une bataille grandiose sous un ciel menaçant

Il y a dans Lost Odyssey une magie graphique aussi bien dynamique que statique pour un rendu entre cinéma et photographie voire peinture. Et comme si cela ne suffisait pas pour évoquer la mélancolie, la guerre ou la joie, Lost Odyssey s’est payé l’insolence de sortir une des meilleures productions, si ce n’est la meilleure dans son ensemble, de Nobuo Uematsu.

De l’introduction jusqu’à la scène de fin, la musique du compositeur légendaire illumine l’expérience de sa patte tantôt martiale, tantôt mélancolique avec des accents angéliques. Il y a beaucoup de nostalgie dans cette bande originale qui évoque aussi le voyage et souligne la charge émotionnelle de chaque rêve avec brio. Là encore, la musique est très dynamique quand elle résonne dans les combats avec des accents épiques voire baroques puis devient extrêmement douce dans les moments critiques que je ne puis ici révéler évidemment (rendez-vous pour un éventuel article d’analyse avec spoilers).

Mais au delà de la musique, de l’image ou encore de la mise en scène, le plus important à souligner est que tout ceci se joue comme une véritable symphonie. J’insiste sur ce point puisque de nombreux critiques de jeux vidéo semblent souvent décortiquer les jeux comme l’on décortiquerait une voiture…mais en réalité même dans ce cas la chose serait absurde étant donné qu’un moteur ne marche jamais seul et que les synergies font que le jeu final n’est pas une somme de critères mais un maillage complexe, lié au temps, de ses composantes. Dans Lost Odyssey comme dans Final Fantasy VIII, chaque élément fort semble soutenir et apporter une nuance ) une situation ou à une idée. En clair : la musique souligne et nuance la charge émotionnelle des scènes et des textes ; le scénario illustre les rêves ; la mise en scène souligne ceux-ci et met en avant les aspects spécifiques des personnages qui, on l’a vu, ressortent jusque dans leur apparence. Au delà donc d’éléments et critiques séparées, comme quoi par exemple la trame du jeu (stricto censu) en lui-même serait faible (c’est vrai) ou que Kaïm serait différent dans les rêves (il ne l’est pas, il est un observateur) oublient de voir l’objectif majeur du jeu et comment ces élément gravitent vers la démonstration ultime qu’offre le jeu et qui se déploie telle une symphonie. En clair, les « journalistes » qui critiquent séparément des éléments artistiques oublient que ce qui fait la force d’une oeuvre c’est comment ces éléments marchent entre eux et contribuent à l’ultime objectif : faire ressentir, suggérer, et toutes ces parties travaillent de concert justement parce qu’il n’y a rien de plus important et que c’est ce maillage complexe qui enfante un chef d’oeuvre, et Lost Odyssey en est définitivement un.

Conclusion – Un monument du jeu vidéo pour les essentialistes

A la lecture de cette critique, vous comprendrez sans doute pourquoi tant de personnes parlent de Lost Odyssey comme étant le dernier « vrai » Final Fantasy et – de facto – le « vrai » Final Fantasy XIII. Plutôt que de m’attarder sur ces détails sans importance, je vous dirai ceci : si pour vous ce qui compte c’est l’ensemble du message d’une oeuvre, son essence en somme, et si pour vous les notions de ce qui est à la mode ou pas n’a pas d’importance, alors Lost Odyssey vous ouvrira peut-être ses trésors comme il l’a fait pour moi. Dernier vestige d’une époque révolue ou la lenteur et la sagesse se confondait avec un sentimentalisme assumé, Lost Odyssey est à n’en point douter un chef d’oeuvre d’équilibre et de symphonie artistique, une oeuvre délicate et profonde qui se paie le luxe de se bonifier avec l’âge compte-tenu de l’évolution de la société et du jeu vidéo en général. Dans cette course, Lost Odyssey nous ramène à l’essentiel, et c’est le principal. Un chef d’oeuvre à n’en point douter.

Développement personnel ou recomposition personnelle – Et si l’être humain n’était qu’un puzzle ?

Vous en avez sans doute fait l’expérience en souhaitant devenir quelqu’un d’autre ou une « meilleure » version de vous-même, le naturel revient toujours au galop comme le dit la sagesse ancienne…et si cette sagesse était plus porteuse de beaucoup plus de sens qu’on ne lui attribue habituellement avec notre regard léger ?

Il me semble pourtant que l’être humain est bien un puzzle dont les pièces ont été éclatés à la naissance, même partiellement voilées comme un territoire à explorer, comme une forme de destinée psychogénétique à laquelle nous tentons désespérément d’attribuer du sens ?

Au cours de notre existence, nous tentons souvent désespérément de grandir dans des contrées inaccessibles, en rognant les encoches des pièces qui nous ont été distribuées et en essayant à tout prix de les combiner comme nous voudrions qu’elles soient. Est-ce que cela marche ? Non. Une fois notre vaine énergie de volonté (dont la faible puissance a maintes fois été démontrée) épuisée, toutes les pièces retombent comme un soufflet, éparpillées comme avant, voire temporairement indisponibles car trop usées.

Pourtant, il arrive parfois que quelques pièces s’imbriquent, nous donnant l’impression d’être un. Réunies parfois les seules pièces que nous connaissons, nous offrant la satisfaction de former notre mini-moi comme à l’enfance ou parfois compatibles dans la forme mais pas dans le dessin, chaque expérience peut nous mener à des combinaisons qui fonctionnent.

Mais le drame arrive quand ces fausses combinaisons s’écroulent ou que de nouvelles pièces apparaissent. Le moi uni, ou pseudo-uni, devient alors en vrac, puzzled disent bien les anglais. Et pourtant toutes ces actions sont en soit positives, non ? Comment pourrait-on finir le puzzle avec des parties mal connectées ou sans avoir toutes les pièces ?

Le puzzle est un jeu qui se résout par essai et erreur. C’est en croyant que nous sommes unis ou en explorant que nous nous recomposons. Abandonnant l’illusion de l’infini, nous gagnons la réassurance que les matériaux sont dans nos mains.

 

Never Grow Old – Figuration saisissante de l’être humain primitif

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S’il y a un film récent duquel je n’attendais presque rien tout en ayant cette petite intuition irrépressible qu’il y avait quand même quelque chose là dessous, c’est bien Never Grow Old. En effet, dès l’origine, je n’aime pas les films Western, du moins je ne me souviens pas d’un seul film du genre qui m’ait marqué ou donné envie une seule seconde d’en revoir un. Et pourquoi je n’aime pas ? Va savoir, je ne le sais pas moi-même. Peut-être est–ce à cause du style poseur intrinsèque à la production majoritaire, souvent « contemplative » et/ou centrée sur les échanges de coups de feu…ou peut-être est-ce tout simplement que je n’en ai pas beaucoup vu, et en l’occurrence pas depuis très longtemps. Ceci étant dit, comme je vous le disais, ce film attisait tout de même ma curiosité du fait de sa noirceur qui dissimulait selon moi un mauvais film américain….je me suis trompé.

Déjà parce que le film n’est pas américain, en tous cas pas seulement, il est surtout européen avec tout ce que cela suppose comme héritage de pensée et des codes de lecture. Ensuite parce que ce film n’est pas superficiel, il est au contraire une figuration exceptionnelle des ressorts primitifs de la société humaine  malgré une intrigue ultra-classique qui pourrait faire penser le contraire (et qui l’a fait penser à la presse bas de gamme qui n’a plus les moyens de son pédantisme hormis quelques très rares journaux). Vous voulez vous en convaincre ? Suivez moi.

Egoïsme, valeur et loi du talion – Les fondements de la société primitive

Cela fait déjà plusieurs années que la béate croyance quasi religieuse entre la toute puissance de la Raison issue des Lumières, dans une vision unilatérale de l’intelligence et dans la séparation nette entre l’être humain et l’animal s’estompe de plus en plus, amenant les chercheurs à porter un autre regard sur l’homme et les animaux, quitte à faire de parallèles autrefois tabous entre les comportements primates et les nôtres. Ainsi, la vision de l’homme tout puissant par sa volonté s’efface devant la peinture plus pragmatique d’un être capable de dominer ses instincts mais pas de les réprimer totalement. Longtemps perçu comme une sorte de malédiction, de poids duquel se délester, ce « pilote automatique » naturel a aussi de bons côtés. Prenons les régimes : il est désormais admis et constaté que le meilleur régulateur de notre poids…est notre corps lui-même par le biais d’un signal de faim et de répartition calorique. En clair, ce qui était perçu comme une indulgence de l’homme basique en ses instincts est désormais vu comme la sagesse : à celui qui connaît et porte à sa conscience ses mécanismes automatiques, une meilleure harmonie est promise.

En regard de cette « animalité », quel est le principal censeur ? Le pacte social qui est une sorte de cloisonnement de sa propre marge de manœuvre pour préserver le bien commun, et donc indirectement le sien d’un point de vue statistique. En d’autres termes, en m’empêchant par exemple de voler sans vergogne à mon voisin de manière opportuniste et court-termiste, je considère les avantages de l’investissement commun d’une petite privation de liberté d’action pour y gagner beaucoup plus : sécurité, croissance de l’environnement, etc. A ceci s’oppose la loi de la jungle (ou toute autre appelation plus scientifique mais néanmoins moins saisissante) portée par la survie, l’intérêt personnel de court-terme, etc. Bien sûr, ces idées sont des extrêmes ave cune réalité qui se situe quelque part entre ces deux jauges : il existe des collaborations entre espèces animales même différentes, des sociétés naturelles comme la famille ou le troupeau ; de même, la société même démocratique n’empêche pas l’intérêt personnel comme le montrent la simple existence de l’héritage. Je précise ici qu’il n’y a aucun jugement de valeur, chaque fonctionnement a ses modalités, ses bienfaits et ses méfaits, tout est affaire de perspective.

Quoi qu’il en soit, histoire de sortir de cette digression, qu’est-ce que cela a bien à voir avec notre film ? Eh bien ici, la modalité de l’ouest américain du XIXème siècle représente dans son imaginaire cette période récente où justement les conditions s’apparentaient le plus à un flottement d’une proto-nation en formation donc à un stade primitif du pacte social à grande échelle, donc de la loi de la jungle avec tout ce que cela implique : augmentation du pouvoir et donc du potentiel de survie par la force, système de justice à demi inopérant ou inefficace (grand pays constitué d’énormément de vide), loi du talion. Evidemment, je parle ici d’imaginaire, il est évident que la réalité historique était probablement plus contrastée. De plus, le mythe fondateur de l’Amérique est celui du survivant qui a dompté la nature « sauvage » (incluant les indiens d’Amérique dans la vision d’époque, une critique assez connue et légitime de cet épisode).

Ainsi, Never Grow Old s’est emparé d’un sujet parfait pour ce qu’il était sur le point de figurer.

Quand les instincts qu’on voulait enfouir remontent à la conscience – Le prédicateur et le hors la loi

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Une image qui résume parfaitement les enjeux initiaux du film – Quand on réprime jusqu’à l’inconscience notre nature profonde, elle revient vous hanter

 Pour faire le lien avec ce qui a été dit plus haut, le synopsis même de Never Grow Old préfigure de l’horreur qui se prépare et des enjeux  qui lui sont associés.

Tout commence comme un conte de fées : dans une petite communauté du grand Ouest vivent en harmonie des habitants menés d’une main de fer par le pasteur Pike qui a fait de sa petite ville une parfaite communauté chrétienne de gens charitables, débarrassée des péchés de chair et de table. Notre héros, jeune croque-mort et charpentier irlandais vit avec sa jolie femmes et ses beaux enfants en harmonie avec les autres. Mais voilà, il y a un problème : pas de saloon pour boire signifie moins d’intérêt pour les « barbares » et donc moins d’argent. En sus, il faut bien les reconnaître, nos amis se font bien chier et cela se ressent. L’ironie arrive d’ailleurs même à (trop) gros sabots dans le discours du pasteur qui souligne bien qu’ils ont massacrés les indiens pour en arriver là, signe que la « civilisation » est à géométrie variable et repose intrinsèquement sur une loi de la jungle à plus grande échelle.

C’est donc sur une hypocrite bigoterie que vit cette communauté renfermée mais néanmoins exemplaire.

Malheureusement, comme on le sait, réprimer à l’excès en les niant la réalité de ses propres désirs a souvent l’effet explosif d’en provoquer une survenue boulimique. Faites un régime trop strict, vous vous jetterez tôt ou tard sur un tas de nourriture par frustration. Interdisez-vous de vous mettre en colère quand ça vient, ça explosera sans prévenir. Ici, comme figuration de ce principe, débarque une bande de hors la loi qui, elle, assume sans aucune couverture ni hypocrisie son désir de servir ses propres intérêts, de vivre ses propres désirs et d’appliquer sa loi propre. Cette image est fondatrice de pratiquement toutes les sociétés humaines, ce mal que nous devons contenir. On l’a vu déjà avec Alexandre  et ses Titans (enfermés par Zeus donc mis à l’écart de la conscience), mais aussi dans les principales religions monothéistes, dans l’idée du karma avec le pêché originel mais aussi dans cette idée pratiquement inconsciente que touts se paie. Et cette idée est loin d’avoir disparue, elle trouve même sa représentation dans les changements climatiques récents.

Ici en effet, Dutch Albert, l’antagoniste du film est un homme qui ne fait que peu de cas du bien commun…il n’en fait même pas du tout. Dans un dialogue avec la femme d’un homme qu’il a tué parce qu’il l’avait trahi et qui l’implore de la prendre comme prostituée dans son bar qu’il a racheté – amenant le « mal » que le pasteur croyait avoir éradiqué – il ne fait montre d’aucune pitié et assume de servir uniquement ses intérêts en lui disant clairement que si elle n’inclut pas sa fille comme employée, il n’avait rien à gagner. Un « méchant » classique me direz-vous ? Eh bien justement non.

Et c’est là que le film est intéressant parce que le personnage de Dutch, plutôt que de se complaire dans le rôle facile du grand méchant/ de l’ordure totale, représente plutôt l’archétype plus contrasté du « loyal mauvais » dans le fameux système d’alignement de Donjons et Dragons. Fidèle à son propre code de conduite et finalement plutôt loyal au regard de ses propres valeurs. S’il ne fait montre d’aucune empathie ou charité, il n’en attend pas plus des autres, acceptant la loi du plus fort et payant ce qu’il doit. De même, il ne tue pas par simple « sadisme », il tue parce qu’il croit en la loi du talion et accepte même d’en être victime comme le montrent les dernières scènes (attendues) du film.

Avec sa voix suave, son apparence crépusculaire presque fantomatique, Dutch et son armée de marginaux (représentant bien la double image des rapaces mais aussi des exclus – car c’est ce qu’ils sont, entre un « Muet » un peu fou et un Sicilien) forment cette caste dont la survie est forcée. Les premiers échanges entre lui et le héros Emile montrent cette dualité : comme lui, Emile qui est Irlandais est un marginal ; cependant, au contraire de lui, il s’est intégré au pacte social dominant, une « honnête vie » (selon ses mots), chose qu’il envie.

tA0LOJgVéritable armée de l’apocalypse, la bande de Dutch va réveiller le « mal » si humain en chacun

A l’opposé, le pasteur Pike représente cet homme « trop beau pour être honnête » qui rejette ses propres instincts (du moins à l’extérieur) et emmène les autres dans sa sévère diète morale. Ici, le « mal », i.e. les désirs primitifs et l’intérêt personnel, sont condamnés, créant un pacte social qui n’a plus grand chose d’un pacte tant il est trop rigide. Trop rigide ? Oui, mais pas inopérant car le film s’attache tout de même à montrer le rôle de ses proto-sociétés dans la naissance d’un Etat souverain. En effet, bien qu’exagérément dure, cette marche forcée permet à des gens bien différents de vivre ensemble et surtout de ne pas s’entretuer. Chacun peut y développer son activité – bien sûr hors du « Mal » – et la sécurité apportée permet à la ville de se développer. En revanche, la frustration qui s’accumule crée cette explosion qui vire à l’excès. Une fois le bar réouvert, on voit bien que les hommes se ruent pour se noyer dans leurs penchants les plus « vils » (héhé) : prostituées, alcool, … un exutoire aussi jouissif que destructeur, rappelant l’imagerie du Diable du Tarot. Cette figuration bouclera d’ailleurs la boucle quand le pasteur, las de cacher à lui-même ses instincts, fera tomber tous ses censeurs en mettant le feu au saloon, désabusé par la réalité et tentant donc un dernier acte désespéré de déni par l’effacement, ce qui le mènera à sa mort concrète comme abstraite. Incapable d’accepter sa part animale, il réalise donc un suicide plutôt que d’accueillir la réalité des faits.

Un tableau noir ? Pas tout à fait.

Entre Chevalier Noir et Chevalier Blanc, le choix du milieu

Véritable observateur du film, Emile – le héros du film – n’a eu pour l’instant que peu de place dans ma critique. Pourtant, c’est bel et bien le personnage principal du film ; et c’est bien normal puisqu’il joue ici le rôle d’observateur et de passerelle entre les force à l’œuvre dans le film. Véritable transacteur et « client » des deux « chevaliers » présentés plus haut, Emile va naviguer entre les deux forces et sollicitations pour se réaliser à la fin en tant qu’être humain conscient et en paix avec ses deux versants.

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Centre du récit d’initiation du film, Emile va se réaliser en tant qu’homme, réalisant symboliquement l’acte fondateur de la création d’une nation

En effet, comme vous l’aurez compris, Emile passe la plus grande partie du film à favoriser la rencontre entre les deux forces en opposition (et pourtant si proches dans leur excès comme nous l’avons vu), jouant le rôle de « Candide » de l’histoire. Porteur de la marginalité de l’un et de la respectabilité de l’autre, il est encore une page blanche peu affirmée qui reste à écrire ; une page blanche qui se dirige vers la Nation en devenir comme le montre cet Eden qu’il essaie de rejoindre en Californie.

Contrairement aux autres, Emile n’est originellement pas acquis à une cause, il hésite, passant de l’opportunisme irrégulier (il enterre les cadavres de Dutch dont il devient un quasi complice par son silence) à l’idéal un peu naïf, il tâtonne comme dans tout processus de changement. Son principal blocage ? La peur, processus connu qui empêche de sortir de sa zone de confort. En l’occurrence la peur de l’irrationnel, de l’imprévu, c’est-à-dire de la « bestialité » et des caractéristiques associées de la survie : la violence, la veille à ses intérêts, etc.

Or, tel Athéna triomphante fondant avec fermeté de la Justice la démocratie Athénienne,  Emile va devoir réconcilier avec la même fermeté la réalité pragmatique des forces primitives des rapports entre les hommes fondées sur une idée de puissance et de valeur avec une notion de bien commun et d’ordre. Pour fonder cette société, il va ironiquement la créer par le sang, donnant l’occasion également de glisser la traditionnelle critique de la société américaine par la déclaration de Dutch qui lui dira « je m’étais trompé, tu es un vrai Américain » comme un miroir des origines des Etats-Unis nés du massacre des indigènes mais au fond de toute société qui est fondamentalement née directement ou indirectement par la violence. Et c’est à cette acceptation humble que le film pousse à l’inclinaison. Et nous allons le voir même dans le « meilleur » aspect du film au sens de la notion de « bien ».

Entre Femme et Homme, le terreau d’un nouveau jardin d’Eden et de la conjuration de la malédiction du Never Grow Old

C’était inattendu et je pense que peu de monde, surtout les féministes activistes qui sont finalement leurs plus grandes ennemies, ne l’a remarqué mais le film se clôt sur une image que les membres de ces groupes feraient bien de reprendre.

Mais avant d’en arriver là, je souhaite revenir sur le titre du film : Never Grow Old. Ce citre m’avait principalement poussé à aller voir ce film en ce qu’il donne un indice sur la portée du film et sur son raffinement potentiel (potentiel parce que cela aurait tout autant pu être un écran de fumée stylistique).  Evoquant de prime abord un memento mori, ce titre développe en réalité deux sens dans le film, sens permis par la langue anglaise qui peut ici tout aussi bien être de l’impératif ou du présent. Impératif, car le film ici illustre bien cette idée très classique de la jeune pousse pleine d’idéaux et d’espoirs qui se heurte à la dure réalité de l’être humain et de la vie, passant de force à l’âge adulte par intégration des deux ou destruction. Présent comme image du film dans laquelle la violence d’un monde primitif hors la loi dégénère rapidement en violence incontrôlée avec de nombreuses exécutions de jeunes (la fille de la mère prostituée après avoir été rejetée comme une pestiférée par tous, notamment par cette communauté soi-disant « charitable », illustrant encore le fait qu’au fond les deux « chevaliers » présentés plus avant sont deux versants d’une même pièce ; le jeune homme qui n’a pas payé tout de suite et cédé à la peur), rappelant que la société ne tient pas par magie et n’est pas « acquise ». Ces deux versants sont solutionnés par la fin certes rapide mais très explicite.

Pour en revenir aux primates, il a été observé que les sociétés matriarcales comme celles des bonobos, étaient en proie à moins de violence. Pourquoi ? Parce que la paix sociale était achetée par le sexe, les caresses, entre différents sexes d’ailleurs.

A la lecture de ce passage, certaines personnes vont peut-être bondir et c’est pourquoi je reviens à une synthèse plus représentative de la société humaine. Au delà des sexes et des instincts propres à chacun, la société humaine porteuses de Raison est propice à l’intégration de caractéristiques « hermaphrodites » : les hommes se féminisent, les femmes se masculinisent. Bien sûr il s’agit d’une observation de tendance, chaque individu ayant sa propre individualité (moi-même étant un peu plus « féminin » que les autres mecs et pourtant hétéro :)), mais ce qui se concrétise dans la fin du film est la passation de l’acte fondateur par la violence (acte « masculin », comme dans la société léonine, le mâle s’occupe des ennemis) au jeune homme ayant joui de l’éducation de sa mère face à un père ne brimant pas la liberté de sa femme donc porteur de la réconciliation des sexes après celle de la bête avec le bigot orchestrée par son père. Ces deux réconciliations, la première du passé, celle de la société américaine (encore tout de même sclérosée par une loi « injuste » qui favorise ceux qui l’exploitent, cf. la pendaison par le Sheriff impuissant de la jeune fille, admettant qu’il ne peut rien contre la Loi) et occidentale en générale, puis celle qui vogue vers le futur (mais qui a débuté et existé d’ailleurs très largement dans le passé, l’Histoire étant cyclique) de la réconciliation des sexes dans leur harmonie féconde, de la Loi implacable de la Raison avec la loi circonstancielle de l’Empathie.

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Chaque sexe découvre la complétude de son alter ego

Ainsi, s’il avait commencé par un tableau noir et destructeur, le film se clôt par une note d’espoir qu’on avait presque tous oublié. Car au fond, Never Grow Old n’est qu’une humble représentation d’une connaissance millénaire et fondatrice portée par une mise en scène, une construction, un rythme et une esthétique magistrale. Suffisamment pour en faire un chef d’œuvre ? Presque. Oui en fait. Si la tête s’incline devant une construction si saisissante, complexe derrière son accessibilité, le cœur ne peut que regretter un léger manque de théâtralité. Pourtant, on ne peut dire que s’écrier « tant mieux » car davantage d’épique aurait terni la justesse de ce film à la fois éloigné comme une fable mais si proche dans sa peinture juste des conflits majeurs de l’humanité. Comem le disait Proust, le génie littéraire consiste à mettre les mots justes pour décrire les choses de la vie que tout le monde connaît, et c’est ce que fait Never Grow Old qui restera vraisemblablement (et malheureusement) un bijou bien caché (cf. ses chiffres de vente…) à moins que la gloire vienne le chercher dans le futur. En tous cas, ce ne sera pas mon blog sinistrement inconnu qui l’aider…quoi que…sait-on jamais 🙂

En attendant, si d’aventure vous passez par ici que que vous êtes conquis par ces lignes, n’hésitez pas à m’en faire part pour apporter d’autres lumières sur cet œuvre magistrale.

A bientôt.

 

Alexandre Revisited – Chef d’œuvre éternel d’Oliver Stone

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Réduit à néant par la critique et par un public semblant plus focalisé sur la couleur de cheveux de Colin Farrell, Alexandre constitue l’un de ses destins tragiques du cinéma, destin qui rappelle celui de beaucoup de films reposant tout comme lui sur une construction complexe d’un portrait aux frontières de l’universalité et du particulier. Réadapté en 2007 dans une version complètement réorchestrée qui ne permettra pas de rattraper l’injustice qu’il a subi auprès du public mais qui permettra de conquérir de nombreux fans tardifs, donc moi-même ayant acquis le film en Blu Ray des années plus tard. Pour tout vous dire, j’ai vu la version originale du film la première fois mais après avoir visionné la version Revisited en second, je n’ai plus jamais regardé la première qui est nettement en dessous, la faute à une logique chronologique froide et confuse. Ainsi, je vous parlerai ici de la verison finale qui contient plus ou moins la même chose mais dans un ordre différent entre deux ou trois scènes ajoutées dont j’ai oublié le détail.

Alexandre – Entre mythe et réalité

Critiqué pour son absence de caractère documentaire (même si le film conserve l’essence du voyage d’Alexandre hors de coupes), Alexandre n’a pourtant manifestement pas cette ambition, du moins pas en totalité comme l’illustre son titre réduit au prénom. En effet, l’une des dynamiques majeures d’Alexandre est la dialectique entre le mythe et la réalité, entre le poids de la divinité et de les vicissitudes de humanité.

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A la racine du mal, le venin distillé par sa mère dès sa plsu tendre enfance. L’image des serpents suivra d’ailleurs Alexandre au bout du monde

D’un point de vue culturel, cette approche se justifie par la nature même de la mythologie grecque, magnifiant l’Histoire lointaine (déformée par la tradition de passage oral au point de ne plus distinguer le mythe du réel) par mystification des évènements apposés aux jeux de pouvoirs entre les Dieux, c’est par exemple le cas du récit de la guerre de Troie dépeignant une civilisation pré-antique.  Dans Alexandre, la divinité apparaît autant comme une force de foi qui pousse vers une épopée mythologique mais aussi comme un poids incarné par Olympias, rappelant au garçon sa naissance légendaire qui implique une destinée nécessairement exceptionelle ; de fait, Alexandre serait par là même un demi dieu, constitué dès le départ de cette dualité.

D’un point de vue historique, et ce malgré ce qu’ont pu en dire des critiques, les sources objectives sur Alexandre le Grand demeurent assez floues, du moins en ce qui concerne sa vie personnelle et sa personnalité, les sources étant souvent partisanes d’un côté ou d’un autre et de tradition mythologique. L’angle de l’interprétation, d’ailleurs sur un axe plutôt répandu et régulier (Oliver Stone n’essaie pas ici de créer une théorie personnelle, se contentant de présenter les options classiques en suggérant une position personnelle), n’est donc pas absurde et même plutôt pertinente.

Enfin, sur le plan artistique, Alexandre Le Grand et son action sur le monde est faite même de dualité et de fusion : union de l’Est et de l’Ouest, tout à la fois dieu pharaon, empereur perse (autre dieu), roi de Macedoine et hégémon grec, figure éternelle morte relativement jeune, etc. ; bref, Alexandre est un personnage fascinant même s’il demeure un conquérant donc un « tueur », toute l’Histoire de l’humanité.

Pour revenir à la critique du film – ou plutôt par la commencer – Alexandre illustre avec brio cette dualité aussi bien sur le plan formel que sur le fond. A la fondation de la dynamique, le récit de Philippe, son père bâtisseur (et finalement héros de l’ombre, son œuvre étant absolument incroyable) sur les titans interroge cette fois-ci l’universalité de l’Histoire humaine, historiquement tiraillée entre son origine divine (les cendres de Titans ici) et sa mortalité. Ce discours illustre d’ailleurs plus précisément les ressorts de la dialectique : divins, les Titans n’en sont pas moins des êtres « néfastes » (son propre père d’ailleurs sera « puni » par la fatalité de son crime de viol sur un autre homme), illustrant l’imperfection humaine et cette idée que les hommes auraient un « mal » à racheter. De même, l’image des serpents qui suivent Alexandre au bout du monde, sa mère représentant une forme de destin inéluctable/une Erinye qui le poursuit pour punir son hybris, jusqu’au final magistral à l’imagerie fantasmagorique s’achevant par une délicate scène entre le garçon et sa mère, comme un raccourci de toute l’épopée que nous venons de voir.

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Philippe avertissant du sort de Prométhée déviant sur une parabole universelle mais aussi à sa formation de futur Roi. A noter le lieu qui rappelle l’allégorie de la caverne

A côté de cette approche mythologique, le film appose également une vision plus moderne bien que présente dans des sources anciennes, une vision plus réaliste et pragmatique. En effet, Alexandre se rit par moments de sa pseudo-ascendance mythique tout comme ses compagnons, réalité symbolisée par la forte place du sexe, pulsion animale ramenant Alexandre à son statut de simple humain. De même, après même son discours dans la grotte de Pella, Philippe balaie avec humour son récit et rappelle que l’on devient Roi par ses actes. Cette version humaniste voire existentialiste participe de l’ambiguïté du récit et de la dynamique qui s’opère, rongeant Alexandre autant qu’elle ne le galvanise et le font.

Le venin du doute, voix express vers la folie

Pour soutenir ce jeu d’équilibriste, le réalisateur s’appuie sur des artifices classiques de mise en scène : ici, si l’hésitation entre le fantastique et le réel arrive à si naturellement s’ancrer dans le film, c’est que le doute même existe sur la santé mentale du malheureux Alexandre, âme romantique tourmentée par le poids du devoir filial, de son mythe, de son statut d’empereur, de pharaon et de roi, par le ses amours bisexuels, les complots dont le premier serait celui de son propre père orchestré par sa mère (à ce sujet, le film ne prend pas ostensiblement position et représente le venin qui s’insinuera peu à peu dans l’esprit d’Alexandre).

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Dès le début du film, l’ombre de la trahison et du vice pèse sur un film qui mènera à la folie inélucatable d’Alexandre incapable de pouvoir gérer à lui seul le poids de sa légende, n’éant qu’un simple humain

En effet, le film d’Oliver Stone distille tout le long de son récit le venin qui grandit dans l’esprit du conquérant jusqu’à le mener à la folie. Avec ses plans de plus en plus hallucinogènes, dont l’origine est encore plus douteuse du fait de la plus en plus forte alcoolisation d’Alexandre et des alternances entre scènes d’isolement et publique, la réalisation est ici pratiquement parfaite, surpassant même Star Wars III qui – lui aussi – représentait avec brio et subtilité cette naissance de la folie et du doute (le dernier alimentant la première). Le jeu n’est d’ailleurs pas en reste, les détails de mise en scène comme des petits regards, des chuchotements,  captés par Alexandre, faisant tourner à plein régime une intuition hors de contrôle qui mènent à sa perte, à se demander même s’il a été assassiné ou mort de maladie, ou s’il est simplement mort de sa folie auto-alimentée. Dans Alexandre, les morts s’enchaînent, de la main même du Roi devenu tyran malgré ses nobles intentions, devant choisir entre son rôle de Roi et de compagnon ou de ses proches comme Roxane, femme vénéneuse et potentiellement meurtrière (de l’idéal d’ailleurs) rappelant Olympias, scellant ainsi le complexe d’Œdipe. La dualité entre les amants, entre la princesse Perse et Roxane, puis entre Héphaïstos et Bagoas, les premiers de chaque paire représentant la pureté de l’idéal, idéal inatteignable car jamais consommé (à l’écran du moins), les seconds représentant les pulsions destructrices, l’imperfection de l’humanité, les cendres des Titans.

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Olympias, mère vénéneuse représente néanmoins une part de noirceur dont ALexandre veut se décharger ; une mère qu’il dominera au travers de Roxane dans une scène sulfureuse

Ainsi, en résonance de l’épopée incroyable quasiment divine, se développe une figuration de l’humanité dévorante, comme une maladie réduisant l’idéal de sa souillure, une souillure bien humaine puisque le pouvoir mène lui-même à une forme de folie et au venin de l’envie. Le doute, l’envie ramènent ici la divinité à la mort, l’hybris étant puni par la nature même de l’humain, entrant en résonance avec le mythe.

Une épopée phénoménale et enivrante

Histoire de faire une petite pause sur les allégories et représentations du film, parlons un peu du film dans sa dimension plus traditionnelle, celle de l’épopée.

A la grandeur des faits historiques, Oliver Stone adjoint une réalisation somptueuse et impressionnante.  En effet, au delà des costumes et de la mise en scène, la zone couverte par le film (notamment le pont entre l’Orient et l’Occident avec une grande variété de cultures et de paysages) en fait automatiquement un récit d’aventure et de voyage. La nature épique du voyage est bien rendue par les longues chevauchées, l’errance dans les forêts d’Inde aux animaux inconnus et aux multiples dangers, aux monts gelés et perdus de l’Hindou Kouch, la Babylone éternelle, cité glorieuse et mythologique et ses jardins suspendus : ici, pas de doute, les décors sont non seulement somptueux et atmosphériques, faisant honneur dans un style baroque et donc hyperbolique à un voyage incroyable même sans le decorum mystique.

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De la Grèce aux frontières de l’Inde, en passant par l’Egypte (par montrée dans le film) et la Perse, l’épopée d’Alexandre est un véritable voyage

L’action en elle-même, incarnée avant tout par les deux batailles du film, est extrêmement raffinée et documentée. La bataille de Gaugamèles qui ouvre pratiquement le film frappe un grand coup avec une réplique minutieuse – bien que forcément écourtée – de la véritable bataille. Cette bataille colossale, présentant bien l’infériorité numérique des Grecs, surpasse même 300 en intensité qui est pourtant en soi un film produit surtout pour le divertissement sanglant. Prenant le parti – un peu facile – du récit fondateur, cette bataille intronisera le conquérant dans sa légende humaine, sa mythologie ayant commencé dès son enfance par le récit de sa naissance et par la soumission de Bucéphale qui suit d’ailleurs cette scène entre autres introductions. Les chocs de bouclier, la violence des chars qui découpent les jambes, le pari fou du débordement par la tactique de l’enclume et le face à face mythique avec Darius, rappelant néanmoins qu’Alexandre n’est pas un dieu, tout s’enchaîne avec brio, synthétisant bien les véritables enjeux de la bataille.

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Pour sceller une bataille dont les enjeux sont l’entrée dans la légende, l’ultime face à face prend des proportions mythologiques. Notez le regard halluciné de la folie de la guerre, rappelant cette « souillure » inéluctable et fondatrice

La musique du film, que j’écoute souvent en CD, relève également du chef d’œuvre, concentrant tout ce qu’il y a d ‘épique dans le film mais aussi toute l’ambivalence présentée plus haut au travers de Titans.

Au delà des batailles, le film présente de nombreuses scènes osées qui renforcent le caractère exceptionnel et la dualité du film, comme la première nuit avec Roxane qui commence par une tentative de meurtre.

Alexandre Revisited – Un chef d’œuvre du cinéma par un réalisateur passionné

Magnifique film existentialiste, interrogeant à un niveau individuel, à l’échelle d’un être exceptionnel de l’Histoire, et sociétal, pour tout un chacun et par la dualité même psychique qui fait l’équilibre mental, Alexandre est aussi une œuvre minutieuse d’un homme passionné par son sujet (en fait, je n’en sais rien, mais le film et ses détails le prouvent) qui a peut-être été débordé par son envie incontrôlable. Perfectionniste au point de réaliser trois versions de son film, le réalisateur réorganise à chaque fois les moindre détails de sa production : de l’anecdote du cou penché bien connu des amateurs du conquérant jusqu’au discours final remanié pour conclure parfaitement l’ouvre sans caricature excessive, tout est fait pour servir l’ambition de ce film qui reste malgré cela relativement humble. Humble car toujours sincère dans sa passion sans présumer d’opinions infondées et d’extrapolations douteuses. Certes, il est facile de glisser de l’interprétation du mythe à l’obscurantisme, mais ici Oliver Stone s’aventure sur des terrains connus, documentés et justifiés.

Sensible, complexe, magnifiquement interprété par Colin Farrell ou Val Kilmer (pour ne citer qu’eux, un peu moins par Angelina Jolie qui n’a que son visage d’évocateur du caractère d’Olympias, moins son jeu) , Alexandre Revisited est selon moi un chef d’œuvre du cinéma qui est tout à la fois un voyage fabuleux, une œuvre romantique et figurative de qualité et un film d’action incroyable. Ainsi, si l’on occulte certaines lourdeurs comme un forcing étrange sur l’homosexualité (par provocation ? Attention, je n’ai rien contre, au contraire elle est nécessaire au film, mais beaucoup de scènes ne font pas naturelles comme le discours d’Aristote), un point de vue assez masculin (ce qui n’est pas un défaut selon moi mais cela pourra ne pas impliquer tout le monde) ou certains choix étranges (la teinture, dédicace aux détracteurs 🙂 ), Alexandre pénètre intensément le spectateur par le venin insiduex qui le travers jusqu’à l’apothéose finale, nous menant à nous interroger sur notre psychologie fondatrice, entre foi et réalisation.

Ainsi, s’il vous reprend l’idée de cracher sur ce film, prenez le temps de bien le revoir avant.

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« Va me dézinguer ce hater et que ça saute ! »

 

Les thermos alimentaires – introduction

Fasciné par les conteneurs en général, les thermos occupent chez moi une place de choix en ce qu’ils évoquent la survie et une sorte de gadget qui rend la vie plus douce, en ville comme en pleine nature. Et quelle n’est pas ma rage lorsque je lis ou entends des personnes dire qu’elles ne peuvent pas apporter leur repas au travail parce qu’il deviendrait froid ou parce qu’ils ne peuvent pas le réchauffer…pourtant les thermos alimentaires existent depuis un bail et ne coûtent pas spécialement cher étant donné le confort qu’ils peuvent apporter selon les circonstances. La question légitime que vous pourriez vous poser serait tout de même : « est-ce que ça marche ? » Je vous réponds tout de suite : ça dépend des modèles tout en reportant ma réponse concrète à plus tard étant donné que je réaliserai un comparatif de quatre modèles plus tard, l’objectif de cet article étant essentiellement d’introduire le sujet et de vous expliquer comment ça marche, quels sont les inconvénients partagés par tous les modèles et ce que cela peut vous apporter.

Le thermos alimentaire – Pour qui ? Pour quoi ?

Tout d’abord, la question que vous devez vous poser – hormis si vous êtes amateurs de gadget et que cet achat n’est pas un achat rationnel – est : « ai-je besoin d’un thermos alimentaire ? ». Si vous mangez tous les midis des plats à emporter enrobés dans cinquante tonnes de plastique ou que vous réchauffez des plats au micro-ondes, la réponse est immédiate : oui ! En effet, le thermos alimentaire vous permettra de préparer des plats sains de chez vous sans les rajouts délétères ; en sus, ces plats vous coûteront nettement moins chers à qualité égale. En clair, il n’y a pas vraiment d’excuse au fait de ne pas acheter de thermos alimentaire, pas même le manque de temps puisque vous cuisinez – j’ose l’espérer – le soir et vous êtes également capables de préparer de splats basiques comme des pâtes et un steak si vraiment vous avez la flemme. En revanche, si vous avez une cantine, ne vous cassez pas la tête avec un thermos à moins d’être vraiment paranoïaque ou de ne vraiment aps avoir envie de voir vos collègues 8H par jour (je vous comprends :p ).  Enfin, si vous êtes un aventurier, la question ne se pose pas…

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Le plaisir de manger un repas fumant après quatre heures de raquettes !

Le thermos alimentaire – Les contraintes

Après vous avoir gavé d’un discours relativement idyllique, presque celui d’un marketeux, je me dois tout de même d’être honnête sur certaines choses.

Pour commencer, sur les quatre modèles que j’ai testés, aucun n’arrive à la performance que l’on peut obtenir sur les thermos à liquides, les conteneurs étant souvent moins exposés aux pertes thermiques par leur forme et leur surface, et le contenu étant moins entouré d’air. Ainsi, sauf sur les soupes et plats avec pas mal de sauce, après trois ou quatre heures, même si le plat peut fumer selon les modèles, il n’est pas aussi chaud qu’à la maison. Pour ma part, je remplis mon thermos le matin à 8H – 8H30 et le consomme vers 12H – 12H15. Sur les moins efficaces même, le plat est tiède. Bien sûr, tout ceci dépend de pas mal de paramètres, essentiellement liés au plat et à la vitesse de transvasement qui est moins rapide qu’avec du liquide forcément à moins de vouloir manger une bouillie. Et bien sûr le thermos ne se met pas au micro-ondes…

Le deuxième défaut que j’ai noté est le nettoyage souvent très pénible et difficile. En effet, aucun thermos ne supporte le lave vaisselle, souvent à cause du revêtement et de la peinture. En sus, pour conserver la chaleur, il vaut mieux une conception un peu étroite qui se rétrécit en haut. Frotter est donc relativement pénible comme vous pouvez le voir sur cette photo comparative.

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Ainsi, si vous êtes un maniaque (irrationnel) de la propreté, vous pourrez potentiellement ne pas supporter de voir des petits trucs collés même si les microbes ont bien été tués. Frotter est possible mais vous risquez de rayer davantage le produit ; quant à l’éponge, elle ne rajoute que plus de microbes qu’elle n’en enlève.

Un menu problème assez frustrant est le transvasement de votre plat chaud. En effet, les plats ont tendance à refroidir vite et votre préparation peut se retrouver ruinée par un trop long temps de remplissage de votre thermos. D’un autre côté, si vous vous pressez, vous risquez de produire une bouillie peu ragoûtante…dilemme, dilemne…

Enfin, le dernier défaut général est le temps que demande la préparation d ‘un plat même simple (eh oui je vous ai menti :p), mais vous le comprendre quand je vous expliquerai comment faire….tout de suite.

Les plats dans le thermos alimentaires – Les grandes étapes

« Mais pourquoi il fait un paragraphe comme ça lui ? On chauffe le plat, on le met dans le thermos et on ferme, simple non ? »…malheureusement vous avez tout faux, la préparation d’un plat de thermos est tout un art, toute une expertise (bon ok je plaisante, en fait vous n’étiez pas si loin à une étape et quelques astuces près).

De fait, avant de remplir votre thermos, une étape importante est de le préchauffer (ou prérefroidir, car aussi manger des plats frais fait bien plaisir en été) ; cette étape permet en effet de mettre à température les parois et d’éviter de perdre de la chaleur/de la fraîcheur en transferts thermiques. En réalité, je pense que cette étape n’apporte pas énormément non plus, mais si on peut gagner ne serait-ce que cinq degrés, c’est déjà pas mal. Pour ce faire, remplissez votre thermos soit avec de l’eau bouillante, soit avec une eau glacée (éventuellement avec des glaçons) puis fermez votre thermos avant de laisser reposer dix à quinze minutes (voire plus même si je doute que ça fasse grand chose de rester plus).

Pendant que les parois du thermos se mettent à température, vous pouvez faire chauffer votre plat (ou le laisser au frigo en attendant bien sagement dans le cas d’un plat froid). Pour ce faire, ne passez surtout pas par le micro-ondes à moins que vous n’ayez pas d’autre choix. En effet, le micro-ondes a tendance non seulement à sécher la nourriture (sauf en l’enrobant) mais aussi à chauffer de manière superficielle. Dans la casserole, au four ou ailleurs, votre plat sera bien plus chaud et goûteux.

Une fois fini, videz rapidement votre thermos et transvasez le plus vite possible votre plat. SI vous le pouvez, laissez votre plaque de cuisson allumée pour garder le maximum de chaleur. Fermez également rapidement sans pour autant tout jeter en tas (sauf si cela ne vous dérange pas). En sus, si vous voulez garder de la chaleur, n’hésitez pas à ajouter le maximum de jus sauf si le plat ne s’y prête vraiment pas. Evitez également de laisser trop de vide, cela favoriserait la perte de chaleur.

Une fois fermé, vous pouvez le mettre dans votre sac. Pour ma part, j’ai un sur-sac isotherme mais il n’apportera rien en terme de conservation de la chaleur (ajouter des couches ne changera rien), je m’en sers juste pour que ça n’éclabousse pas.

Les thermos alimentaires – Conclusion

Vous l’aurez compris, je suis un grand amateur de thermos même si je dois vous avouer que j’en utilise pas si souvent que cela étant donné que je suis un lève-tard, couche-tard. Cependant, quand je le fais – que ce soit à la montagne ou à la pause midi – c’est toujours un super moment marqué par la satisfaction de consommer mon plat, de ne pas avoir gaspillé dix euros dans des plats non sains et qui sont un désastre écologique (bon ok le préchauffage ne l’est pas non plus :p) et surtout une petite plongée dans l’ambiance survie ; je ne sais pas pour vous, mais voir que mon plat préparé il y a quatre heures est encore fumant me fascine toujours même si en soi il n’y a rien de bien compliqué (pas si simple que ça en fait).

Maintenant, comme vous l’avez compris, tous les modèles ne se valent pas et plusieurs approches existent. Pour cela, j’effectuerai un comparatif de mes quatre thermos alimentaires dont je vous dévoile en avance les modèles… A bientôt !

Dix jours sans « addictions » – Premier bilan

Depuis deux semaines, j’ai décidé – pour accompagner mon grand plan de reprise de confiance et de réalisation de mes objectifs – de me libérer du poids temporel des petites « addictions » du quotidien qui peuvent être entre autres (en gras celles qui me concernent, en souligné celles que j’ai effectivement tues ces deux semaines) :

  • le smartphone (2 semaines)
  • l’alcool (2 semaines)
  • le tabac
  • le café (2 semaines)
  • les sodas (2 semaines)
  • le sel
  • la télévision (1 semaine)
  • les consoles (1 semaine)
  • l’ordinateur (1 semaine, sauf pro pas le choix)
  • etc.

En résumé…quasiment tout sauf le baladeur et le portable à touches la dernière semaine ! Une véritable période « analogique » hors weekend !

Avant de commencer, commençons par expliciter le rôle des guillemets que j’ai utilisés autour du mot « addiction » (et voilà je recommence !).

NOTE LIMINAIRE : Je ne suis pas médecin ou habilité à délivrer un diagnostic, si vous pensez souffrir d’une addiction sévère à un des items ci-dessus, je vous déconseille fortement de chercher à vous rassurer avec mon texte. Mon opinion se fonde sur des « addictions » modérées. Consultez un professionnel ou au moins un ami.

Les petites « addictions » du quotidien – Vraies addictions ?

Je vais peut-être m’attirer les foudres de certaines personnes qui ont été confrontées à ces sujets mais je le dis quand même (tout en restant ouvert à la discussion, je ne demande qu’à enrichir mon point de vue et le changer si nécessaire) : je ne considère aucun des items de la liste ci-dessus comme une vraie addiction en elle-même mais plutôt comme des conséquences d’un vide ou d’une perte de sens. Faites l’essai si vous être plutôt déprimé en ce moment : supprimez une de vos petites « addictions », est-ce que vous avez besoin de sevrage ? Non, la plupart du temps vous allez vous rabattre sur autre chose puisque ce que vous recherchez vraiment est un réconfort, un divertissement ; les deux étant des solutions à court terme pour vous « occuper » et ainsi masquer l’absence de grand axe de vie (au sens large : identité, objectifs de vie, vision optimiste du futur, passions, etc.).

Comment alors renommer ces « addictions » pour mieux les considérer ? Je les appellerais tout simplement « habitudes chronophages » ou encore « mauvaises habitudes » car au fond une « addiction » de ce type est presque davantage une habitude. Et appelle-t-on toutes les habitudes des addictions ? Par exemple si vous avez un besoin impérieux de vous assoir à la même table au même restaurant tous les midis, être vous pour autant addict à cette table de ce restaurant ? Non, eh bien c’est pareil ici.

Quelle importance ? Bonne question. Je dirais que voir ces éléments comme de vraies addictions vous place dans une posture réactive, pessimiste et donc encore plus à même d’y céder alors que considérer ces choses comme des habitudes chronophages – bref, comme des pertes de temps – vous rend déjà plus proactif et directement dans le cadre de la règle des 21 jours (qui est apparemment partiellement fausse, ce que je veux bien croire, l’appropriation et la rétention étant des phénomènes complexes et interdépendants). Je vais même aller encore plus loin : plutôt que de vous concentrer sur chacun de ces petites problèmes à la fois – vous amenant à vous disperser et ainsi prendre le chemin le plus long et donc le plus sujet à l’échec – considérez les comme les symptômes d’un même mal qui vous pousse à couvrir la réalité.

Dans le film Le Roi Arthur : la Légende d’Excalibur (petit nanar assez délirant pour les amateurs) la Mage dit à Arthur que les hommes ont tendance à détourner les yeux, seul un Roi ne le ferait pas.  Si vous ne prenez pas cette petite maxime au pied de la lettre, vous y trouvez un très bon conseil : ne détournez pas le regard en vous attachant à des futilités. Ainsi, si vous vous sentez concernés, vous pouvez commencer à lire Une semaine pour reprendre confiance et foi en l’avenir, sinon vous pouvez continuer avec moi pour vous aussi essayer de questionner vos petites « addictions » par leur moratoire. Car oui, il est important de faire pour éprouver ses modèles. Sinon, ce n’est qu’une science morte et impersonnelle.

Ceci étant dit, je commence mon retour d’expérience d’abord mauvaise habitude par mauvaise habitude puis pour l’ensemble.

Bilan des dix jours par poste

Le smartphone [nuisance = 9/10]{avant = 1H par jour}

Le smartphone est probablement la pire habitude de la liste ainsi que la plus vicieuse, parce qu’elle est la plus chronophage de toutes.

Ce petit bidule est d’autant plus dangereux qu’il offre en quelques sortes l »infini » dans votre poche. Là où l’ordinateur demande une certaine assise (même portable), le smartphone lui est consultable n’importe où et n’importe quand. Une fois engagé dans sa consultation, on est tenté d' »optimiser » son utilisation en groupant les opérations. Le problème est que ces opérations ont la plupart du temps une valeur ajoutée quasiment nulle ! Les jeux sont très souvent moyens et presque toutes les opérations qui n’existent pas dans un téléphone normal sont à peine utiles. Sans parler de la photographie intempestive chronophage qui remplit aussi beaucoup l’espace.

Un bon vieux portable à touches, que dalle à faire et un navigateur internet préhistorique

 

 

Au cours de ces deux semaines, il m’a juste manqué pour consulter des horaires de cinéma ou mon itinéraire. Mais, étant déjà de nature à aimer explorer, cette absence m’a encore approché du plaisir de se retrouver, de laisser le hasard porter. Parce qu’en sus, le smartphone coupe des sensations, il vous sort du monde en remplissant l’espace. Or, le vide est le meilleur compagnon de la réalisation de soi.

En résumé : ça a été à la fois la meilleure séparation mais aussi la plus facile au regard de la nuisance causée. Je suis revenu au portable (modèle surtaxé mais bon on peut se faire plaisir) et cela m’a même créé des occasions de discuter et créer de nouveaux contacts avec des gens intrigués par mon bidule. J’ai très envie de continuer même si forcément on se sent coupable de laisser un objet qui coûte des centaines d’euros de côté !

Je n’en faisais que 7H par semaine, mais rendez-vous compte, une heure par jour soit presque 20 à 25% de mon temps libre gâché ! Faites le test, vous verrez !

Café et soda [nuisance = 6/10]{avant = 2 cafés par jour, des fois 3}

Je groupe les deux parce que le soda inclut notre bonne vieille boisson caféinée. En sus, le sucre a un peu un effet comparable, les deux s’additionnent.

Le problème que j’ai avec le café c’est que j’en buvais pour aucune raison pratique. Premièrement, je trouve le café relativement mauvais même quand il est très bien fait avec des variétés nobles. En fait, les grains sentent très bons mais le goût du café en lui-même est assez infâme. Deuxièmement, il fatigue plus qu’il ne donne d’énergie, j’ai déjà largement assez (voire trop) d’énergie et en plus de ne rien faire de positif il a tendance à me plonger dans la fatigue.

En fait, ma raison d’en boire était uniquement ma passion pour les gadgets et les petits travaux manuels. Alors, j’ai acheté beaucoup de cafetières : cafetière à dépression, cafetière à piston, aeropress, machine à expresso, dripper, etc. en sus d’un moulin, de cafés en grains, et autres… Vous l’aurez compris, j’adore faire le café mais pas le boire. Et comme cela serait mauvais pour mon karma d’en faire pour le jeter, alors je le bois.

Tellement kiffant de préparer du café

Ensuite, il y a aussi l’habitude. Que faire à sa pause si ce n’est boire un café ? Assumer sortir dehors vagabonder ou aller sur la terrasse pour ne rien faire, c’est psychologiquement bloquant. Donc vient le café.

Le soda quant à lui fait partie de ces produits de remplissage au même titre que le smartphone. Ce n’est même pas si bon mais voilà, on en boit. Je ne parle pas du restaurant dans lequel il est quasiment impensable pour moi de ne pas prendre une boisson.

En résumé : addiction peu importante mais qui dénotait encore d’un certain vide. Et ce vide est plus difficile à constater et à couvrir avec du divertissement. En deux semaines, supprimer le café m’a aidé à avoir une énergie plus régulière et stable dans la journée. La preuve : j’en ai repris un le weekend, il m’a fait beaucoup de mal. En définitive, ce produit pas très bon et qui fatigue beaucoup ne me manque pas le moins du monde même si cela coupe de certains moments sociaux.

Alcool [nuisance = 2/10]{avant = environ une bière par jour, jamais de cuites}

L’alcool – surtout les bières de table (légères quoi) ou le champagne (je n’aime pas le reste) – est ce qui m’a le plus manqué. Rappelez-vous, je n’envisage pas d’aller au restaurant sans boisson et j’avoue préférer la bière au soda. Mon addiction ne devait cependant pas être bien méchante vu que je n’ai pas eu beaucoup de difficultés à m’en passer même si une fois j’en ai commandé une par réflexe au restaurant avec mon père (une Asahi).

Je m’aventure peut-être sur un sujet glissant car cette addiction est en général considérée comme telle mais il faut noter tout de même que le point de départ est le même : le vide.

Je suis désolé d’aller à cotre courant néanmoins de l’hypermoralisation et je pense qu’une petite bière par jour ne fait pas de mal. Et même si elle me faisait perdre 6 mois d’espérance de vie, à la bonne heure ! Néanmoins, je pense continuer pour la simple et bonne raison que la bière fatigue. Une petite par semaine à la rigueur si je vais au resto (un plat sans boisson c’est quand bien sacrément triste et je préfère cela au soda) .

En résumé : un changement quasiment inaperçu mais qui limite le plaisir au restaurant. Retiré de la vie courante, il se pourrait néanmoins que cela allège la fatigue et la note.

Internet [nuisance = 9/10]{avant = probablement presque 2 heures par jours}

Message paradoxal vu l’endroit où je le diffuse mais internet est comme le smartphone (qui inclut ce point) une nuisance. Nuisance car il représente l’infini mais aussi le néant.

Si quelques opérations sont vitales (consulter son compte en banque et…c’est tout ?) ou vaguement utiles (créer un compte fidélité, voir ses mails, commander, discuter), la plupart des actions sur internet ne mènent à rien voire à du négatif (réseaux sociaux, … cf. le film ahurissant mais assez juste Celle que vous croyez). Même écrire ce post…qu’est ce que j’en attends au fond ? Il serait dix fois plus positif pour moi de l’écrire sur mon carnet ou juste le penser.

Mais voilà, internet remplit l’existence et donne l’impression d’urgence. Faites néanmoins l’essai. Après une semaine, en regardant mes sites d’intérêt et autre je me suis rendu compte qu’il n’y avait presque rien d’important. Rien même. Internet est vraiment utile mais globalement 90% du temps inutile. Le problème est qu’en gardant les 10%, vous tombez tellement facilement dans les 90 autres qu’il vaut mieux simplement tout éteindre la semaine de travail.

En résumé : une habitude chronophage qui n’apporte pratiquement rien. Indispensable 10% du temps, je ne regrette rien.

Télévision et consoles [nuisance = 3/10]{avant = probablement 1H par jour en moyenne}

Contrairement à internet, je ne qualifierais pas ces habitudes de vraiment néfastes, juste chronophages. Bien sûr, elles ne servent pas )à grand chose mais l’avantage c’est que vous êtes complètement passif, cela détend vraiment. Le jeu vidéo est même plutôt actif et stimule le cerveau et la créativité.

En sus, il est assez facile d’en sortir car contrairement à internet, ces canaux ne représentent pas l' »infini » (sauf si vous aimez absolument tout, ce qui est difficilement concevable), on peut facilement s’arrêter par simple ennui.

Cependant, je voulais essayer une pure semaine analogique et j’avoue que d’une certaine façons m’être débarrassé de la télévision m’a libéré beaucoup de temps. Le moratoire sur le jeu vidéo en revanche a quelque peu rendu mon quotidien un peu fade. Mais c’est un excellent signal pour aller plus loin, vers un dépassement de soi. Justement, j’y arrive !

Bilan global et perspectives

Au final, le véritable objectif derrière ce moratoire global était – non pas de « soigner » une quelconque addiction – mais de briser totalement le quotidien pour me forcer à explorer de nouveaux horizons, tel le Mat dans la trilogie du développement personnel (cf. Comment agir ? – La Dream Team du domaine vue par le Tarot et le canal temporel). Casser mes habitudes m’a poussé à explorer d’autres voies voire à revenir à des passe-temps anciens comme la lecture ou aux…Playmobil, cartes Magic, yoyo, livres dont vous êtes le héros, écriture etc.

En sus de cet effet (timide néanmoins, ce n’est pas suffisant car l’idée est d’en plus se bouger pour sauter à pieds joints dans son rêve), ce moratoire m’a permis d’être ultra-efficace au travail et même d’être le dernier parti. Je ne sais pas comment j’ai pu produire autant en une semaine.

Pour terminer, ces deux semaines m’ont fait prendre conscience qu’en définitive ce qui importait était d’avancer globalement. Car le changement entraîne de nouvelles aspirations, les désirs nés de la frustration ne sont pas les mêmes que ceux de l’épanouissement.

Je continue donc jusqu’à avoir trouvé quelque chose avec une levée de l’interdiction (sans en abuser non plus…) le vendredi soir et le samedi. A plus tard donc !

Comment agir ? – La Dream Team du domaine vue par le Tarot et le canal temporel

Hier, après une longue période de pensée compulsive sur l’avancée de mes projets et sur le stress que ça induisait, au cours d’un cours instant de relâchement dont je ne me souviens plus les modalités, après avoir tiré la carte du Mat des heures avant je crois en termes de modalité, cette vision m’est apparue et soudain les points se sont connectés entre eux. J’avais finalement réussi à synthétiser un procédé d’action harmonieux dans le développement personnel. Ce dont je vais vous parler ici est une partie de ma découverte, l’autre étant une compréhension théorique du comment sortir du cycle infernal de l’inaction/de l’échec et de la perte de confiance ; ici, je vais vous présenter ce qui selon moi représente la dream team du développement personnel, du point de vue de l’action j’entends, principe qui colle d’ailleurs bien avec d’autres points de regards reconnus.

Sans plus attendre, je vous présente cette fameuse équipe…

…que je vais me réserver pour plus tard, attendu que je me dois de vous parler un peu du Tarot et de ma vision de la chose pour ne pas partir sur des malentendus ou fausses impressions.

Le Tarot – Un outil puissant d’éveil de l’intuition

Je vous le confesse, je me suis réfugié dans le Tarot pendant un ou deux ans. Perdu dans ma vie car dénué d’objectif (cf. Une semaine pour reprendre confiance et foi en l’avenir) mais habitué à avancer coûte que coûte, j’utilisais cet outil pour me pousser à agir. Et, comme finalement il me poussait à agir, j’ai commencé à me reposer sur lui, perdant en libre-arbitre. Je n’étais pas dupe, rien là-dedans ne prédisait l’avenir mais imaginez-vous perdu et vous être rappelé de réussites énormes que vous avait amené ce petit outil de motivation, que feriez-vous ? Bien sûr, vous savez que c’est vous qui avez fait vos choix, pas le Tarot. Mais bon, le bon vieux pile ou face (que je vous recommande de pratiquer quand vous vous trouvez à perdre du temps à hésiter sur des broutilles, c’est un geste symbolique qui non seulement vous fait gagner du temps tout en étant un acte fort de reconnaissance du fait que vous vous prenez la tête sur tout et n’importe quoi même sur vos habits)  est certes connu pour vous pousser à l’action un peu comme la règle des trois secondes qui court-circuite votre cerveau mais complètement destructeur quand il s’applique à de vrais choix qui devraient mobiliser votre cœur et vos tripes.

Je vous recommande donc d’être vigilant. Comment ? En prenant une utilisation compulsive de cette outil pour des broutilles comme un signe que vous êtes perdu. Puis en remédiant à la situation, en vous rappelant vos objectifs, en faisant un point (et c’est là que l’équipe présentée plus haut – en particulier l’Empereur – interviendra). En effet, le Tarot n’est pas une vraie addiction au sens des drogues dures qui détruisent vraiment votre cerveau. Les addictions du type Tarot, café, horoscope, smartphone, chocolat, etc. sont davantage des symptômes du vide. Quand le vide disparaît, l’addiction aussi. La preuve, quand je suis au clair avec mes objectifs et en phase avec moi-même, je ne consulte que très peu mon téléphone et le Tarot avec. Et d’ailleurs je vous déconseille d’essayer de lutter contre ce type d’addictions en essayant de les combattre par des moratoires. Car cela ne fait que rendre votre vie encore plus triste sans résoudre le problème de fond…du coup vous y reviendrez très fort par à-coups. D’autant plus que le Tarot est un excellent outil en l’absence de mentor objectif. Il aide votre cerveau à changer de perspective. Et justement à ce compte-là, je vous invite à ne pas le voir comme « magique » ou « occulte ».

Je vous le dis quand même : je ne suis pas le genre de personne à affirmer sans avoir de preuve. Alors, peut-être que le Tarot est magique…ou pas, mais vous vous en doutez : vous ne pouvez pas le savoir. Et comme vous ne pouvez pas savoir, ne comptez pas là dessus. Un outil ne peut pas être incertain, achèteriez-vous un grille-pain qui pourra « peut-être » griller ? Non, alors faites de même pour le Tarot. La seule preuve que vous pouvez avoir est : est-ce qu’il m’aide ou pas ? Si oui, utilisez le. Sachez que la meilleure méthode est celle que vous vous appropriez, sous votre point de regard. Savoir qu’une méthode est efficace pour 90% des gens ne veut pas dire qu’elle l’est pour vous. C’est le principe de l’appropriation très connu en management du changement, ou encore d’infusion de la technologie. Le sens que vous donnez à une méthode en fait son efficacité, attendu qu’en fait les bonnes vieilles méthodes tout le monde les connaît. Ce qui est plus difficile à obtenir est la foi et la motivation. Ces deux choses relèvent du sens et de la confiance en la méthode. Quelle meilleure confiance peut-on avoir autrement qu’envers ses œuvres ?

Non…plutôt que de vous reposer sur une potentielle magie, essayez plutôt d’intégrer les raisons de l’efficacité du Tarot. Je vous passe le baratin de certaines personnes qui parlent d' »énergie » dans des boulgi-boulgas qui ne mènent nulle part ; plutôt, je vais vous éclairer sur un fait connu des gens s’intéressant (même un tout petit peu) au Tarot mais moins par les autres qui ont plus l’habitude de voir le cliché de la voyante. De fait, la raison numéro un de l’efficacité du Tarot est qu’il capture dans son imagerie de puissants archétypes de l’inconscient collectif, des images qui vous parlent et qui en une série d’images organisées de manière remarquable concentrent beaucoup de sens. En bref, le Tarot est un incroyable outil réflexif. Et c’est cette capacité à éveiller et amener à la conscience toute l’efficacité du « raisonnement » du subconscient qui en fait le compagnon privilégié de la Raison qui – elle -structure et dirige (le subconscient lui, synthétise et connecte en du non-dicible). En clair, l’image est parfois plus forte que les mots, en tous cas elle la complète ; le tarot est donc un assistant de choix du fait de son remarquable travail de composition. Travail qui n’existe pas dans les autres divinations donc sans intérêt pour nous (tirage par les 54 cartes, numérologie, etc.). Même les signes du Zodiaque sont meilleur que ces tirages mais le gros problème du Zodiaque est de vous astreindre à un signe de façon déterministe alors que le Tarot lui est une équipe de 22 cartes que vous pouvez convoquer à l’envi.

En fait, pour raisonner de façon plus technique, le Tarot est utilisée en psychomagie. , une approche singulière que vous retrouvez dans les gestes symboliques comme brûler une lettre pour faire le deuil d’un amour, etc. des techniques que l’on utilise presque depuis la nuit des temps rien que dans les funérailles. En médecine, on appellerait cela un placebo, effet qui fonctionne d’ailleurs contre toute raison (d’où son utilisation comme point de référence) ; ce placebo, je pense tout simplement que c’est la foi et la confiance.  Etudions maintenant ce principe que j’illustre par le Tarot parce qu’il est prouvé que le savoir illustré et schématisé est mieux intégré que le texte brut, le niveau ultime étant l’intégration du savoir par sa pratique consciente (nous verrons cela en conclusion de cet article).

La Dream Team en question

Reprenons le schéma du haut avec un peu plus de contexte :

L’équipe de choc ici est constituée des trois hommes au dessous : l’Empereur, le Bateleur et le Mat. Ces trois arcanes représentent les figures « réelles » du Tarot, des hommes comme vous et moi, ils font donc partie de vous comme vous le verrez. Du moins ils représentent des capacités qui existent en chaque être humain.

Au-dessus de ces trois hommes, il y a la Tempérance qui elle est une arcane plus allégorique, plus profonde du point de vue de l’être humain. Plus profonde dans le sens où elle représente ici un principe et une vertu, non pas une capacité prosaïque. C’est une capacité plus complexe qui mélange Raison, intuition, sensations, etc. Au-delà de son nom, une interprétation fréquente de cette carte tient au fluide qui relie les deux coupes. Ce fluide, je l’ai appelé le « Canal », mais le canal de quoi ? Nous le verrons. En tous cas, ce canal ne fait pas partie du groupe d’action, il est une sorte d’ange gardien, de modérateur, de lien entre ces trois parties. Il assure la cohésion harmonieuse et la synergie. D’où sa place plus haut dans le schéma.

Enfin, avant de commencer, je vais vous expliquer un principe crucial de l’imagerie du Tarot dans le cadre de cet article ; et ce principe est l’inclinaison des corps et du regard. Vous voyez notamment que l’Empereur regarde vers la gauche, gauche qui représente le passé mais (donc) plus largement aussi la richesse acquise, l’expérience, le savoir, etc. C’est ce que vous possédez pour agir. Le Mat au contraire est complètement tourné vers l’avenir (la droite donc), avenir qui est (comme nous le savons) l’inconnu. Ces deux cartes sont opposées, l’Empereur possède des richesses colossales, le Mat est dépouillé de tout, il n’a rien pour avancer. Au centre, le Bateleur est également intéressant. Son corps (agissant) est tourné vers l’avenir, son regard par contre vers le passé, la connaissance. Il regarde donc vers le passé pour composer avec l’avenir, cependant aucune de ces inclinaisons n’est vraiment totale. Nous allons voir ce que cela implique même si dans ce paragraphe je pense que vous avez déjà toutes les billes pour connecter les points entre eux.

Je passe ainsi à la présentation un peu plus détaillée de chacun et de leur persona concrète dans l’action.

L’Empereur – ou le stratège

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Comme je vous l’ai déjà indiqué, l’Empereur est complètement tourné vers le passé. Il contemple son empire et ses richesses, richesses qui sont la source de son pouvoir temporel. L’Empereur c’est aussi une personne assise sur son trône, qui a une vision globale, hors des détails. D’un point de vue plus allégorique, l’Empereur symbolise la Raison toute-puissante.

Mais qui sera cet Empereur dans votre vie ? Quand le convoquerez-vous ? A chaque fois que vous perdez de vue ce que vous avez accompli, trouvé, vécu et du motif que ces choses dessinent. L’Empereur voit, il est riche de ses enseignements et ne détourne pas le regard. En clair, convoquer l’Empereur (ce qui peut se faire très concrètement si vous avez un mentor) c’est faire le ménage dans son expérience pour en extraire votre empire, reconstruire votre confiance et déterminer les leviers à exploiter (des erreurs que vous avez répétées, des leçons que vous avez tirées, des réussites qui prouvent que pouvez le faire, des expériences qui vous constituent et vous dessinent, etc.).

Personnellement, je convoque l’Empereur quand je me sens perdu. Je fais alors un point sur mes objectifs, sur mes résolutions, etc. Typiquement, l’empereur c’est votre DG (ou encore votre premier ministre) qui s’assure la Vision du Président (le Monde établie dans  Une semaine pour reprendre confiance et foi en l’avenir. fonctionne. Dans la pratique concrète, c’est un point hebdomadaire. Ce point hebdomadaire :

  • définit les objectifs terminaux (vos objectifs de vie ou importants comme un changement de carrière), les révise légèrement éventuellement
  • structure l’expérience de la semaine et les évalue au regard de votre feuille de route, de vos valeurs, etc.
  • met en évidence les grandes révisions de trajectoire à réaliser en isolant ce qui fondamentalement vous freine
  • regarde les choses telles qu’elles sont, n’occulte pas des faits

En bref, l’Empereur rassemble vos richesses et synthétise la prochaine vision à moyen terme qui vous aidera à revenir (ou au contraire confirmer votre itinéraire) sur votre chemin de vie. Il établit vos stratégies.

Pris à un niveau plus instantané, c’est celui qui vous fait prendre du recul quand vous êtes en proie à l’agitation. Celui qui vous dit « mais attend une minute, calme toi et considère ce qui est en train de se passer ».

Le Bateleur – ou le tacticien

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Dans la société moderne, le Bateleur pourrait être aussi vu comme l’ingénieur ou encore le commandant dans une vision militaire. En entreprise, le terme (militaire) de tactique est d’ailleurs utilisé, désignant un niveau opérationnel de la stratégie. Le tacticien, c’est celui qui s’assure de la bonne exécution de la stratégie en s’adaptant à la réalité de terrain. Si par exemple le stratège préconisera une prise à revers des ennemis, profitant des montagnes environnantes, le tacticien sera là pour réviser l’itinéraire prescrit en cas d’éboulement ou de mouvement imprévu des ennemis. En clair, le tacticien est un peu le stratège de terrain, il s’appuie autant sur le savoir que sur l’action dans son caractère imprévisible. Pour vous, la tactique consiste à utiliser votre expérience récente pour ajuster votre parcours de la semaine.

Pour être encore plus précis, le Bateleur a deux fonctions principales :

  • utiliser les expériences et conclusions de la veille pour ajuster votre façon de faire
  • équilibre la charge en fonction des jours de down et de votre ressenti
  • le praticien avancé qui utilise ses capacités pour remplir de nouveaux objectifs proches de sa zone de confort (par exemple apprendre le Python si vous avez déjà une expertise du R ou préparer une ratatouille si vous savez déjà cuisiner des légumes)

Attention néanmoins, le Bateleur ne devrait pas réviser vos objectifs ; en clair, je ne vous conseille pas de revenir sur vos résolutions de la semaine (ou mois selon les cas, voire des périodes variables dans l’idéal car le signal que vous avez besoin de l’Empereur se fait toujours sentir). Je vous le dis car je le fais beaucoup et il ne faudrait pas : pour tirer des conclusions et corriger le tir, il est important de vraiment s’engager dans une voie. Il vaut mieux s’engager pleinement dans une expérience que de corriger sur la base d’un ou deux faits. Car on tombe alors dans le biais de confirmation, en sélectionnant les données qui nous arrange.

Dans une vision plus instantanée, il s’agit de cette manie que l’on a de se focaliser sur le négatif ou au contraire le positif qui confirme nos croyances.

Evidemment, en tant que manager opérationnel, le bateleur se doit d’être lucide et d’alerter l’Empereur en urgence si vous êtes engagé dans une voie que le terrain rejette complètement. Par exemple si vous pensez que vous promener nu au travail soit la solution pour faire diminuer votre timidité (peut-être mais vous vous doutez des conséquences terribles … :p) ou que coller les filles d’une façon proche de l’harcèlement vous aidera à diminuer votre peur de l’approche en séduction. Ces exemples sont caricaturaux mais illustrent ce fait : si vous ressentez que vous faites vraiment fausse route (au sens où cela devient dangereux pour vous ou pour les autres), arrêtez.

Pour revenir à la pratique du Bateleur, concrètement au niveau de la planification, c’est celui qui vous dira que demain vous devriez ralentir sur votre travail car hier vous étiez trop stressé pour être observateur ou autre (le superviseur) ou encore celui qui créera de nouveaux outils ou techniques sur lesquelles vous appuyer,  les choses qui semblent vous apporter beaucoup (l’ingénieur), ou enfin le joueur confirmé qui s’appuie sur son expérience dans l’action dont il a déjà une maîtrise relative (si par exemple vous êtes habitués à négocier, vous aborderez votre objectif du jour qui consiste à convaincre votre auditoire avec la richesse de cette capacité connexe). Au niveau instantané, c’est aussi celui qui utilise son savoir pour produire mieux. Par exemple si vous écrivez un SMS dans une quête d’une meilleure communication. Il est important de calculer, tout comme un joueur de tennis travaille la technique qui n’est pas spontanée mais vitale. S’il se concentre trop dessus, il est crispé, pas assez, il n’avance pas car l’innovation radicale est optimale quand elles est suivie d’une innovation incrémentale.

D’ailleurs, c’est un autre aspect qui me tient à cœur dans le Bateleur, c’est un innovateur qui s’approprie les outils (cf. son atelier) qui lui viennent du dehors. Ce qui m’a énormément aidé à développer une pensée efficace, notamment dans mes études, dans mon travail et dans mes stages, est d’utiliser des outils de domaines spécifiques à d’autres complètement différents. Mais aussi de relier ces outils en den nouveaux outils composites. Le Bateleur, c’est l’innovation incrémentale personnifié, capable aussi d’innovation radicale mais sur la base d’innovations existantes.

Mais qui est alors l’innovation radicale pure ? Notre Mat.

Le Mat – ou l’aventurier/l’éclaireur/le soldat

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Contrairement à ses camarades, le Mat a tendance a être vu de façon plus négative par les praticiens moyens, et c’est tout naturel (je l’ai perçu ainsi également) puisque le Mat fait peur. Pourquoi ? Parce que le Mat représente d’une certaine façon l’audace et l’aventure, des vertus qui sont assez proches de ce que représente la folie. La folie est en effet un terme relatif à une société pour décrire des gens en marge de la « normalité ». Ainsi, non seulement le Mat part à l’aventure sans rien pour le guider (comment pourrait-il sans expérience de la situation ?) si ce n’est son objectif lointain (son étoile du berger, son rêve, le territoire qu’il vise), mais en plus il explore des territoires inconnus et différents de ce qu’il a l’habitude de voir.

Votre première mission, si vous l’acceptez, sera ainsi d’essayer de positiver ce Mat. Ce petit gars est en effet un allié précieux et indispensable à votre parcours. Ce Mat, vous l’avez été la première fois où vous avez tenté de marcher, quitté pour la première fois vos parents ou encore essayé d’embrasser votre premier amour. Il vous a aidé, n’est-ce pas ? Alors embrassez le, couvrez le de gloire. Mais surtout essayez de conceptualiser positivement ce Mat. Si vous en avez encore toutefois peur, c’est normal, c’est la preuve que vous en avez parfaitement besoin. Car l’idée du Mat illustre un principe connu par tous les thérapeutes de la TCC : la confiance vient après l’action. On a tendance à vouloir être « prêt » pour agir mais dans bien des cas ce n’est pas possible. On ne peut pas se sentir « prêt » parce qu’on en sait pas ce qui nous attend.

Que faire de ce matériel d’observation dans une pratique concrète ? Comment transformer ce savoir en outil ? Eh bien, à chaque fois que tous les efforts de l’Empereur et du Bateleur ne comblent pas le vide, ne vous mène pas à la satisfaction ou ne vous y mènera probablement pas (votre intuition vous le dira), en clair si vous sentez que quelque chose ne va pas, c’est peut-être que vous avez négligé quelque chose ou que vous avez besoin d’un changement radical de schéma de pensée. En effet, le problème de l’innovation incrémentale poussée à l’excès, c’est de sombrer dans un tel niveau de perfectionnement qu’elle vous coince dans le détail et la micro-optimisation. En effet, si le Bateleur créé, il le fait avec ce qu’il connaît. Pour reprendre un image que je développerai dans un article futur, je colle un schéma qui parle plus que des lignes de texte :

Je ne suis pas entièrement satisfait de ce schéma qui devrait d’après moi être en 3D mais cette représentation suffit à comprendre que le bond dans l’inconnu est complètement différent du travail d’extension de sa zone de confort sur la base de l’existant. En effet, le travail du Bateleur, ou du joueur qui raffine sa technique repose sur le même schéma de pensée que celui de la zone de confort d’origine alors que le bond du Mat l’oblige à adopter de nouveaux modes de pensées. Et c’est pour cela que j’aurais préféré un schéma en 3D car Le Mat pose les bases d’une nouvelle zone de confort. Ainsi, en télescopant au niveau supérieur, ce bond dans l’inconnu est en fait aussi une forme d’innovation incrémentale en ce qu’elle repose tout de même sur un vécu. Si par exemple vous vous décidez à commencer à séduire les femmes/les hommes, vous vous appuierez quand même sur vos capacités relationnelles au sens large qui elles-mêmes reposent sur votre capacité à parler, etc. De même, lors de la recherche de votre premier emploi, votre expérience scolaire ne vous jettera pas non plus totalement dans l’inconnu (le Mat a quand même un baluchon sur le dos). Mais, du point de vue de votre schéma principal (votre Donjon), à votre conscience immédiate/moyen terme, c’est malgré tout un bon dans l’inconnu. Et cette nouvelle zone de confort croîtra aussi (sauf si bien sûr elle ne vous parle pas finalement) jusqu’à éventuellement rejoindre votre donjon.

Et dans la pratique immédiate ? Vous êtes le Mat quand vous vous assurez que votre énergie prenne de court votre Raison. Le Mat, agit non par parce qu’il est convaincu qu’il peut le faire et qu’il doit le faire mais en regardant vers le ciel (regardez bien) parce qu’il est poussé par une énergie ou une balise lointaine qu’il veut atteindre. Je suis le Mat quand je décide de doubler l’effort dans ma socialisation à l’aveugle. Je ne sais pas ce que cela va donner ni comment faire mais à chaque fois que je rencontre une personne j’improvise. Le Mat, c’est le soldat, celui qui avise dès qu’il voit l’ennemi et pas avant. Il n’est pas un tacticien ni un stratège, il réagit en fonction de ce qu’il voit. Certes il peut ainsi plus facilement se tromper ou échouer, mais ce qu’il fait est nouveau pour lui.

Enfin, pour apporter une dernière analogie, le Mat c’est un peu le Joker, cette carte que vous posez sur la table et qui n’a pas de nom, n’est pas totalement définie (regardez la carte, elle n’a pas de numéro, c’est un marcheur des marges). La carte que vous sortez dans l’inconnu ou en dernier recours, une carte superpuissante mais imprévisible.

Et tout le monde ensemble, parce qu’à plusieurs on est plus fort

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L’empire de Macédoine est l’illustration parfaite de ce triptyque, Philipe a eu la vision et créé une base surpuissante (l’Empereur et son empire), Alexandre s’est aventuré dans l’inconnu (le Mat). Dans le film, Olympias catalyse cette articulation en enjoignant Alexandre à saisir ses richesses pour en créer de nouvelles (le Bateleur), elle est d’ailleurs le dernier lien entre les deux époques et assure le sens au voyage (la Tempérance) [PS : désolé pour cette image kitschissime et pourtant je suis un fan absolu de ce film et de cette épopée en général]

En lisant ceci, vous allez penser que je suis quelque peu schizophrène mais oui – d’une certaine façon – vous êtes déjà une équipe à vous même. Rien que dans votre processus de décision, n’appelez vous pas votre Raison, vos sentiments et votre intuition pour être plus efficace ? Dans votre vie, n’avez-vous pas une petite voix dans votre tête (la vôtre) qui s’appelle la conscience qui régule vos actions, les jugeant et les modulant vous distinguant ainsi de la bête (et non de l’animal car l’animal est intelligent) ? De même, ces cartes du Tarot représentent plusieurs facettes de vous-mêmes, plusieurs capacités que vous allez utiliser comme une équipe.

J’ai moi-même longtemps fait l’erreur de vouloir trouver une seule carte comme guide, ou encore un seul type psychologique (MBTI, etc.) pour me tenir la main mais la réalité est que cette approche est suboptimale. Mais elle n’est pas seulement un peu moins bien, vraiment COMPLETEMENT inférieure. Une équipe de dix « Mat » serait-elle plus efficace que ces trois gars réunis ? La réponse est non et nous allons voir comment convoquer cette Dream Team en synergie.

Le Mat, c’est l’éclaireur que l’Empereur envoie suite au signal d’alarme levé par le Bateleur, celui qui va lever un blocage total qui bloque vos projets. Comment l’Empereur sait-il qu’il faut envoyer le Mat en reconnaissance ? Quand ce que fait le Bateleur est « bien » mais que malgré tout vous n’êtes pas satisfait. Car au fond c’est de cela qu’il s’agit, et non pas de la réussite « objective ». Par exemple, hier je me suis rendu compte que malgré mes efforts je vivotais dans un bourbier autour de ma zone de confort. Et j’ai noté cette leçon : trop opérer dans la zone périphérique fait converger inévitablement vers sa zone de confort et conduit donc au vide intérieur. Si votre rêve demande un bond dans l’inconnu et que vous le savez car quand vous y pensez vous êtes apaisé, alors allez-y. Pour être plus explicite, malgré une belle avancée dans un projet innovant et des contacts accrus avec les autres, je me sentais toujours mal à l’aise et insatisfait voire triste. Pourquoi ? Car – et c’est difficile à exprimer par des mots – au fond j’étais « coincé » dans ces relations. Je les vivais dans le contrôle. Meilleurs ou pas, ces contacts n’étaient pas « moi ». Et alors j’ai poussé, toute la journée j’ai improvisé et focalisé toute mon énergie vers mon rêve. En gros, la leçon du Mat c’est :

la meilleure façon de vivre votre rêve, c’est d’y sauter à pieds joints

L’approche du Bateleur elle est plutôt de méthodiquement mettre en place les pièces nécessaires à votre objectif. Le Mat commence à courir, le Bateleur ajuste sa foulée.

Le Bateleur est votre superviseur, votre coach. Il s’assure que vous faites bien son travail et s’appuie sur ce qu’il a déjà construit pour faire grandir votre édifice. Il est finalement une version journalière de l’Empereur. Dans l’action, il est l’ingénieur envoyé par l’Empereur pour construire sur la première conquête du Mat. Là encore, il est important de rester sur le Mat et ne pas trop rapidement se jeter dans les bras du Bateleur. Le Mat doit amasser du savoir, de l’expérience qui sera le matériel du Bateleur qui lui-même préparera les données agrégées pour l’Empereur. Je vous livre là une autre vision du problème : une vision savoir qui se résume dans cette maxime :

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » – Rabelais

La source du pouvoir est la connaissance, ou l’expérience qui est un terme aussi bien moteur qu’intellectuel. Et pour que cette science mène à quelque chose, il faut en avoir assez. Il vous faut assez d’action pour tirer des conclusions. Et je vous le dis tout simplement car je fais très souvent l’erreur de tout de suite revenir à l’intellectualisation et au jugement alors que je n’ai pas assez d’informations pour le faire. Si par exemple – comme maintenant – je me jette dans un inconnu en termes de socialisation (ce soir, c’est la première fois que je me suis excusé auprès de mon père – vous avez bien lu, je ne l’avais jamais fait après une colère/pique ou du moins je ne m’en souviens pas), je ne peux pas le faire en étant dans le calcul. Ou du moins pas dans l’action, le Bateleur se contente d’observer et de tirer des conclusions non définitives. Il ne va pas chercher à optimiser la longueur de foulée d’un débutant en athlétisme ou le carving d’un primo-skieur.

Pour revenir à la citation, que je n’ai pour l’instant pas vraiment éclairée, il s’agit ici d’un constat reconnu : l’apprentissage le plus efficace est la mise en pratique de la théorie. Ainsi, la science que vous amassez doit être à votre esprit lorsque vous agissez, vous devez être conscient de sa forme empirique. Et c’est pour cela que j’ai commencé mon post [Réalisation de soi] – Série sur la confiance en soi, le burnout et l’unité du moi, Introduction sur une diatribe contre le suivi aveugle de méthodes et conseils – souvent efficaces mais ce n’est pas la question – sans processus connexe d’intégration. Agir intelligemment et toujours plus efficacement, c’est s’approprier les outils et être conscient de leur valeur dynamique. Par exemple, j’ai parlé avec le Mat de ce processus qui fait que l’énergie dépasse la Raison, eh bien c’est un ressenti qui est typiquement la conscience du savoir. Je ressens concrètement ce moment où l’impulsion dépasse le cerveau.

Enfin, je m’égare, passons maintenant à la carte que j’ai oublié jusqu’à maintenant : la Tempérance.

La Tempérance – Le « Canal » de votre existence

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Je ne sais pas trop comment décrire le niveau auquel cette carte opère, dans une entreprise on parlerait d’une division transverse, enfin pas tout à fait….je dirais plutôt une division opérationnelle transversale. Si je devais prendre un schéma 3D, la Tempérance « traverserait » les trois autres cartes si on al regardait de dessus mais sans vraiment les toucher dans une vision 3D, elle serait au-dessus d’elles. En clair, elle les relierait. Et c’est pourquoi j’ai donne à cette carte le rôle de Canal ici.

En fait, dans une vision orientale, la Tempérance est en quelque sorte l’harmonie au sens abstrait mais très concret dans sa vision pratique. C’est le canal qui relie et aligne passé présent et futur. C’est aussi le canal qui vous connecte au monde. Pour prendre une image plus concrète, un trajet sur une carte nécessite de connaître votre point de départ, votre point d’arrivée et votre position actuelle. Mais pour que le chemin prenne forme, pour que vous le voyez, vous devez connecter ces points. C’est ce que fait la Tempérance.

En pratique, vous faites appel à cette carte quand vous doutez. Rappelez-vous le passé, votre parcours, vos joies , voyez vos actions présentes et votre futur rêvé/ambitionné. Vérifiez, visionnez à quel point ce parcours est cohérent. La Tempérance n’est donc pas l’Empereur, c’est vraiment l’agent de communication, la ligne qui relie points. Notez que cette conception est compatible avec la définition directe de la tempérance, pour connecter les points vous devez vous calmer, modérer le flux pour réparer son cours, lui assurer une nouvelle fluidité et un nouvel alignement. Dans une vision instantanée d’ailleurs, cette arcane se matérialise en une prise de recul qui n’a pas pour visée l’action (action au sens avancer vers un futur défini) mais le rétablissement du canal d’énergie, de l’harmonie. En clair, souvenez-vous en même-temps pourquoi vous êtes là et comment où vous êtes peut vous emmener là où vous voulez aller. Car si vous oubliez un de ces éléments, vous êtes par définition perdu (imaginons que vous savez avoir marché tout droit vers l’Est mais avez oublié par où vous avez commencé, comment vous repèrerez-vous sur une carte ? Vous aurez une infinité de trajets à étudier).

Résumé opérationnel

Je vous quitte sur ce résumé opérationnel :

  • Convoquez l’Empereur pour vous rappeler vos objectifs de vie ou à long terme, pour extraire de votre expérience votre besoin fondamental pour avancer
  • Convoquez le Bateleur quand vous avez besoin de synthétiser vos compétences en une action réfléchie, pour superviser la mise en place de votre programme journalier, pour raffiner vos outils
  • Convoquez le Mat quand vous sentez que « quelque chose cloche » et pour se jeter à pieds joints directement dans votre rêve afin de développer de nouveaux schémas de pensée quand tous vos efforts raisonnés et contrôlez échouent à vous satisfaire (le Mat, c’est votre Joker). Le Mat c’est aussi celui qui essaie des méthodes non conventionnelles pour avancer, par exemple comment aurais-je pu me douter qu’une seule phrase d’une petite chanson de variété aurait provoqué la production d’un tel article et l’atteinte d’un nouveau niveau de conscience dans mon objectif de vie ?
  • Ne perdez jamais le Canal, rappelez-vous toujours pourquoi vous faites ce que vous faites et comment ce que vous faites peut vous mener à votre objectif

Et surtout j’insiste sur ce Mat qui a souvent mauvaise presse, les deux autres étant plus reconnus, convoquer le Mat c’est prendre de l’avance sur son rêve en le vivant directement en doublant l’effort conscient. Le Mat en pratique, c’est doubler l’effort sans se poser de questions. Je trouve que je suis coincé dans la conversation ? Je me force à parler sans même savoir ce que je vais dire. Et ce faisant, je peux voir ce qui fait que je n’ai pas encore atteint de rêve. Ces trois cartes, c’est une équipe.

Ces trois cartes, c’est une méthode de travail et aussi une science consciente. Car une méthode est riche si elle est consciemment vécue tout le long du processus d’apprentissage jusque dans l’action.

Allez donc, appropriez-vous ce contenu qui est lui-même d’une certaine façon une synthèse de beaucoup de pratique consciente de nombreux autres contenus que je pourrais même pas tous citer tant il y en a. La richesse vient du changement de perspective autant que de l’information elle-même. Osez avancer, tout ce que vous faites est une opportunité. Une opportunité d’aller plus loin si vous allez dans la bonne direction, de vous rediriger si vous vous êtes trompés.

A la prochaine donc !

 

Une semaine pour reprendre confiance en soi et en l’avenir – Et après ? (Partie 1 – Récit personnel et matériel)

Il y a une semaine jour pour jour, suite à une prise de conscience de mon enlisement dans une fin de cycle que j’avais du mal à fermer, je décidai de me lancer dans une semaine complète de reconstruction personnelle et de reprise de confiance en moi-même ainsi que dans l’avenir. L’objectif concret de ce travail était d’aboutir à des objectifs de vie, à une image claire de soi, à une paix retrouvée, etc.

Mais voilà…le problème c’est que cette fameuse semaine se déroulait dans un cocon, loin des tracas, du stress, avec un temps complet dédié à soi. Ainsi, comme je l’avais pressenti, le retour à sa propre réalité a été compliqué. Comment garder le cap alors que vous retrouvez tout votre environnement qui vous ramène à vos automatismes et soucis ? LE quitter ? En dernier recours, comprenez bien que la fuite ne solutionnera pas vos problèmes à moins que vous soyez vraiment en position de le faire. Votre ancien environnement était aussi pénible pour lui-même que pour la façon que vous avez eu de le vivre. En clair, en attendant éventuellement de trouver mieux, il va falloir essayer de vivre avec et – j’irais même plus loin – de l’utiliser comme levier pour avancer. Ici, je m’avance ; commençons d’abord par écouter mon récit.

Mon retour à la réalité

Avant de passer à mon retour d’expérience, je vais vous présenter les bases de ma méthode pour reprendre.

Un travail organisé…

Pour réaliser l’encadrement de mon travail, j’ai eu recours à plusieurs objets. Tous ces objets concernent l’écriture qui est fondamentale. Fondamentale pour ne pas s’égarer et fondamentale pour s’affirmer.

  • Le carnet-agenda qui permet une écriture libre pour la journée

Ce carnet est une sorte de journal de bord qui permet de suivre ses journées et écrire ses impressions. J’ai un stylo bleu pour le texte normal et un stylo rouge pour les leçons et principes importants.

  • Le carnet de notes vierge

Ce carnet complète l’autre et offre davantage de place, les autres pages saturant potentiellement vite.

  • Un portfolio contenant mes documents produits à la fin de la fameuse semaine

A relire et à se remémorer à chaque fois que l’on doute ou que l’on se perd.

  • Le bloc-notes de poche

Très utile pour tenir une liste de choses à faire et ainsi augmenter facilement son sentiment d’efficacité.

  • Et enfin, l’arme secrète, le calendrier de table

Il permet de se fixer des objectifs, des défis, des choses à faire, etc. Pour ma part, je me suis même fixé de petits défis avec argent à la clé. J’ai récolté 10 euros à la fin de la semaine en ayant réussi le super-bonus yoyo dans l’open-space. Un point très important : servez-vous de la face arrière pour noter les points positifs de la journée et les négatifs ainsi que vos succès. Ils vous aideront à vous souvenir du chemin parcouru, ce qui est I-N-D-I-S-P-E-N-S-A-B-L-E pour garder la foi.

C’est beaucoup trop ? Probablement. Ou plutôt oui et non. Je n’ai pas la réponse, en tous cas ce ne sont pas les outils le problème mais l’utilisation que l’on en fait comme nous allons le voir…

…mais qui déborde, forcément

Comme vous allez le voir, bien que ma semaine ait été un nouveau levier et qu’elle ait été très riche, elle m’a progressivement ramené à de mauvais habitudes. Le point positif : grâce au travail précédent, c’est quand même différent. Enormément différent mais il faut rester conscient. Je commence…

A mon arrivée au travail, j’ai été surpris de me voir si différent, détaché, presque conquérant. D’être qui subit, je suis passé à un homme en position de contractuel. En clair, je percevais mon environnement comme un objet neutre, que je pouvais maîtriser et exploiter. De même, mes rapports avec mes collègues – proches ou lointains – étaient beaucoup plus chaleureux. J’ai aussi été très performant sur mon projet de reconversion professionnelle en finissant mon CV en sus de postuler, etc.

Ca y-est, tout était fini ? Avec une fin heureuse et pérenne ?  Bien sûr que non. La vérité est que j’avais eu tout le temps de me préparer à ce retour et 7 ou 8 heures par jour c’est plus long que l’on croit.

Le deuxième jour ainsi, la gestion a été plus difficile. J’ai tenu ma méthode mais j’ai fait l’erreur de trop ajouter de choses…et à la fois pas assez ! Je m’explique : j’ai ajouté des petites choses comme les défis journaliers ou des papiers de mon texte sur le mec cool (cf. jour 2) qui me donnaient chacun une phrase dont je tirais un papier par jour aléatoirement pour l’exploiter. Et j’ai fait cela en ayant eu une première nuit courte (coucher tard, réveil très tôt pour l’infirmière. A ce stade, j’aurais pu déjà abandonner mais je me suis rappelé que chaque « échec » est un levier. J’ai corrigé le tir en me rendant compte que je ne pourrais pas simplement « ne rien faire » au travail en attendant le soir. Si je subissais mon travail, il ne m’apporterait rien tout en me noyant. Je me suis donc lancé dans un grand projet que j’ai tenu les jours suivants.

A ce stade, vous comprenez sans doute ce qui va se passer. Voyant que je me « noyais » (et malgré une première bonne réaction qui a été de bien dormir), j’ai commencé à m’agiter. Le point positif est que j’en étais conscient et que je me suis dit autant éprouver les idées pour voir ce qu’elles donnent. Le point négatif est que cela m’a ramené à mes vieux schémas desquels il a fallu sortir ce soir.

J’ai donc fini par m’éparpiller et lâcher quelque peu. Enfin…je n’ai quand même jamais lâché ma méthode. Ceci dit, j’ai oublié les bonnes résolutions et conservé un effort un peu « déshumanisé ». En clair : les efforts et les résultats étaient là, mais en même temps je me dirigeais vers une pente dangereuse que je vais décortiquer dans la suite.

Et après ?

Mais avant, je vais terminer sur une note plus optimiste. Cette agitation, elle est normale. Je ne m’attendais – et vous ne vous attendiez probablement pas – à garder le même rythme alors que vos conditions de vie (d’une semaine totalement libre à un retour au travail 7 à 8 heures par jour) ont drastiquement changé. La question n’est pas de savoir si cette semaine a été bonne ou pas en soi, en fait elle n’est ni bonne ni mauvaise. Elle vous a satisfait ou pas, mais en tous cas elle demande de relativiser et de réencadrer.

Dans mon cas, j’ai été tenté de me dire « ok tu ne t’en sortiras pas, tu vois que tu t’essouffles… » mais d’un autre côté je me suis rendu compte qu’en réalité j’avais sous-estimé un blocage particulier qui en fait était le nœud gordien. Je me suis même rendu compte du trésor que représentait cette semaine. Non seulement j’avais quand même tenu et fait – ce même si mes instructions se noyaient dans des égarements – mais en plus j’avais grâce à cela la possibilité de recadrer mon effort, de réajuster tout en revenant sur le chemin (n’oubliez jamais : chaque réalité peut être vue sous différentes perspectives ; sans appeler à la complaisance, il vous appartient de transformer un discours subi en des paroles motrices et constructives).

Et c’est cela que vous devez retenir à la fin : ne jamais perdre de vue ni l’objectif, ni le passé car il est très facile de se focaliser sur le négatif récent que sur les jours précédents. C’est ce qui s’appelle un biais cognitif. Et c’est de ce schéma qui va falloir sortir, ce qu’on ne pourra faire qu’en le court-circuitant en sautant à pied joint dans un point plus éloigné de sa zone de confort.

Je reviendrai dessus demain avec une nouvelle approche et synthèse imagée par trois cartes du Tarot qui m’est apparue dans un flash de conscience sur la méthode générale d’action. Nous verrons aussi demain comment exploiter cette maxime : « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Car au fond, le moyen le plus efficace d’intégrer un savoir est de le pratiquer.

Une semaine pour reprendre confiance en soi et en l’avenir – Jour 5 Synthèse et motivation

Voici donc la fin du voyage, le dernier jalon de cette semaine que je quitte avec nostalgie et presque une tristesse. J’ai presque envie de pleurer et c’est normal, car après tout j’ai remué la merde, MA merde (:p). A ce stade, vous devez sans doute être fatigués, et c’est normal, vous n’avez fait que poser les bases d’un nouveau départ. C’est ensuite l’expérience de la vie et le suivi de votre nouveau départ qui fera le travail de transformation. L’objectif de cette semaine était de faire un point sur votre parcours afin d'(éventuellement clore) un chapitre de vie et repartir confiant sur votre nouvelle voie, sur votre nouvel élan.

Attention donc à ne pas mettre tous vos œufs dans le même panier, ce n’est pas parce que cette cure n’a pas eu un effet magique et immédiat qu’elle était inutile. Il faudra fréquemment faire le point et vous remémorer les éléments que vous avez mis en place pour ne surtout pas que cette situation se reproduise.

Car chaque jour est un nouveau départ, ce qui est à la fois une des forces de la vie mais aussi son plus terrible poison : se remémorer le pourquoi et le comment sont indispensables.

Et comme je vous l’ai dit, les petits principes sont des locomotives, le détail de ce qui les a engendré peut maintenant dormir dans le passé. Comme dans Le Labyrinthe, vous êtes sortis du « Bloc », lieu sécurisant avec son clan et ses habitudes, mais où les horizons sont fermés.

Le but de la session d’aujourd’hui est de clore le chapitre et de produire les documents qui vous permettrons de toujours vous rappeler ce que vous avez tiré de cette semaine. C

Avant de commencer, je rappelle le plan :

  • J1 (lundi) : image du Monde, passé, présent, avenir, ma mission et mes objectifs
  • J2 (mardi) : relations sociales
  • J3 (mercredi) : le travail, carrière
  • J4 (jeudi) : bien-être et réenchantement
  • J5 (vendredi) : synthèse, remotivation et finalisation du tableau

Les objectifs d’aujourd’hui :

  • La finalisation de l’image du Monde, ou comment mon parcours a fait de moi « la personne forte, sage et plus expérimentée que je suis maintenant »
  • La production de documents pour vous souvenir et transformer votre vie vers un nouvel horizon qui – je le souhaite – est plus clair désormais

Le programme d’aujourd’hui est assez court mais il va falloir faire du travail de dactylo.

I – Finalisation de l’image du monde – « Comment mon parcours a fait de moi la personne forte, sage et plus expérimentée que je suis maintenant »

1) Rétrospective du parcours de la semaine

Il est important de retourner aux origines, au début de cette semaine. Où en étiez-vous alors et où avez-vous abouti ? Remémorez-vous  (l’écrit est alors très utile) les phases et leçons importantes de votre semaine. Vos problématiques ont-elles été réglées ? Peut-être pas, les miennes non plus. Mais la différence c’est que j’ai répondu à mes soucis d’hier et listé un certain nombre de principes (que j’ai écrits en rouge dans mes écrits) qui me permettront – je l’espère – d’aborder la période avec de nouveaux outils et une nouvelel approche.

Par exemple, moi, je me rappelle que j’avais commencé la semaine avec du micro-management de tous mes problèmes, maintenant j’ai appris à prendre du recul et relativiser, à me placer comme présent dans mon environnement.

Clôturez cette période, proprement.

2) L’image du Monde

Reprenez littéralement le titre :

« Comment mon parcours a fait de moi la personne forte, sage et plus expérimentée que je suis maintenant »

En vous remémorant tout ce que vous avez écrit, vos qualités, vos forces, clôturez cette période et essayez de basculer votre perspective du verre à moitié vide au verre à moitié plein. Jusqu’ici, nous avions abordé le passé comme un problème, en tout cas le passé récent (le passé ancien étant un allié). Mais ce n’est pas vrai et pour cette première raison : ce passé vous a emmené ici.

Si vous voulez de l’inspiration, vous pouvez suivre par exemple cette anaphore : « Plus fort[e] parce que… ». Visualisez votre parcours, réconciliez le passé, le présent et le futur. En quoi ce présent est la suite logique de votre passé et finalement une étape nécessaire, en quoi il aidera votre futur ? Par exemple, plutôt que de voir mon état actuel comme un échec, je l’ai noté comme une période d’indécision qui montre bien la complétude de mon parcours. J’ai relativisé en me rappelant que ma situation est davantage due à une conjecture qu’une absence d’efforts de ma part. Je me suis rappelé toutes mes réussites, mes gloires.

Notez le, finissez par « Bravo ! ». C’est votre premier document.

II – Documents pour le souvenir, pour vous accompagner dans votre nouvelle étape (et votre nouveau combat)

Comme je vous l’ai dit, une semaine ne peut pas avoir un effet « magique ». Elle l’a eu  réalité mais pas à ce point là de tout transformer et de vous apporter le bonheur. Sinon, vous ne seriez pas là à vous livrer à cette grande semaine. Quelques heures sur un coin de table auraient suffi.

Il est donc important de produire du matériel efficace et synthétique. Utilisez les SmartArt si vous utilisez Word (ou équivalent), le centrage et les façons de mettre en avant. Vos plaquettes doivent être efficaces, coupés là où il faut.

Ajoutez ou retirez les documents qui sont pertinents pour vous. Voici les miens :

  • L’image du Monde – Complétude et réussite

Vous l’avez déjà écrit dans le paragraphe précédent. N’oubliez pas la mise en page, elle compte. Essayez de le faire tenir sur une page.

  • Memento principes et conseils

Ce feuillet maximum recto/verso est un guide général pour votre quotidien.

Notez les axes principaux de vigilance qui étaient vos axes primitifs, sur un SmartArt. les miens : 1) Retrouver mon unité 2) Combattre le stress et l’anxiété 3) Réparer mon cerveau.

Ensuite les quatre principes fondamentaux en SmartArt hiérarchisé TITRE – Détail : 1) Focalisation et effort – Faire à plein, dans le présent pour ne pas confirmer une mauvaise image de soi 2) Augmenter l’effort, pas l’objectif – Faire le mieux possible plutôt que d’étirer dans le cycle infernal de la compensation 3) Ne pas remplir l’espace – Si on est perdu, se recentrer 4) Le « Moi » surplombe les objets – Les objets sont des constantes sur lesquels je m’appuie avec pertinence et sert selon les modalités émises. ; Le moi est toujours le même, jamais aliéné par les objets qu’il traverse.

L’objectif final, une phrase. Le mien : « Le bonheur d’oser, de prendre les choses en mains avec assurance »

Mon Ikigai, mon moteur et talent principal (déterminé au jour 1).

Enfin, les principes et leçons à ne pas oublier en bullet point voire images. Ils sont issus de tous vos travaux, par exemple chez moi « Maintenir ses relations, ne pas les fermer », « L’agitation ne comble pas le vide », « ne pas laisser l’avenir se brouiller », etc.

  • Memento thématique – si besoin (moi : relations sociales)

Il porte sur votre thématique principale. C’est une fiche similaire à la précédente.

  • BONUS – Pourquoi tu es cool X

Si vous aviez réalisé ce travail en jour 2, notez le. Il se rédige de a façon suivante : portrait du mec cool avec anaphores « Un mec cool, c’est … » puis de la phrase « Ce mec cool, c’est moi, ce qui que je serai »+[ce que vous voulez]. Une page si possible, tout le texte centré.

  • Mes réussites – Quand j’ai réalisé l’impossible

Listez vos plus grandes réussites que vous croyez initialement impossibles. Et a chaque item, introduisez en gras, au milieu et bien mis en avant : « Je l’ai fait ». En bas, j’ai noté « Si tu crois que tu n’en es pas capable, relis ces mots, ils sauront te rappeler que tu peux le faire ! ».

  • Ma vision du futur

Celui-ci est manuscrit. Vous posez les bases du futur, du « vous ». Vous écrivez un serment (que vous suivrez).

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Voilà, c’est tout !

Ou non, ajoutez également à votre quotidien des petites chose spositives. Pas trop, sinon vous serez surmenés. Par exemple, moi, j’ai ajouté un exercice trouvé dans le livret My Serenity délivré gratuitement à Val Thorens (co-écrit par un médecin) : écrire tous les jours les points positifs de ma journée, ses points négatifs et mes (éventuels) petits succès. Ensuite soulignez les points positifs, que vous essaierez de rendre plus nombreux, les plus importants (trois par exemple) et essayez d’y penser avant de dormir. Tous les jours.

J’espère que ce travail vous aura aidé. Sinon, il faudra suivre une autre voie.

Et n’oubliez jamais que le bonheur se trouve dans le présent, ce sont les expériences qui le feront, aucun travail de ce genre. Ces travaux, ce seront des terreaux pour sortir d’une impasse ou retrouver la foi.

Bonne chance, vous pouvez y arriver. Ne regardez plus en arrière, maintenant, c’est la terre brulée.

 

 

Une semaine pour reprendre confiance en soi et en l’avenir – Jour 4 Bien-être et réenchantement

Je poste ce message en retard, en fait nous sommes déjà le jour 5 que j’ai commencé hier et qui au fond n’est pas si dense que les autres pour la simple et bonne raison que la journée d’hier induisait certaines modalités m’empêchant de venir sur ce forum (entre autres : pas d’accès aux ordinateurs et j’ai même retiré la carte SIM de mon smartphone pour la mettre dans mon Nokia 3310). De plus, la journée d’hier a été assez intense émotionnellement à cause de ma décision de changer de poste qui m’avait plus affecté que je le pensais. D’où d’ailleurs ce changement subtil de titre pour le jour 4. Je n’étais pas allé assez loin, j’étais toujours triste. En fait non, je le suis devenu entre le jour 3 et le jour 4 : il restait des choses à exorciser.

Avant d’aller plus en avant, je rappelle le programme :

  • J1 (lundi) : image du Monde, passé, présent, avenir, ma mission et mes objectifs
  • J2 (mardi) : relations sociales
  • J3 (mercredi) : le travail, carrière
  • J4 (jeudi) : bien-être et réenchantement
  • J5 (vendredi) : synthèse, remotivation et finalisation du tableau

ainsi que les objectifs du jour tels que je les ai posé ce fameux jour :

  • Comment réenchanter ma vie ? Pourquoi suis-je triste ?
  • Comment améliorer mon bien-être ?

J’ajoute enfin une chose que j’ai incorporée dans mon programme depuis mardi mais que j’ai oublié de communiquer. Chaque jour, je m’autorise une récompense. Le deuxième jour, c’était un jeu vidéo ; mercredi, un film avec mon père ; jeudi (aujourd’hui), un bon repas ; demain, des cartes Magic. Il est important de se féliciter pour le travail bien fait ! Et puis une « friandise » fait toujours son effet pour se motiver au niveau animal.

Notes préliminaires sur les modalités de ce jour

Pour commencer, il est important de comprendre que le vécu de cette journée doit d’une certaine façon s’harmoniser avec son thème. C’est d’ailleurs pourquoi je l’ai placée à cette position, au jour 4. Après plusieurs jours très intellectualisées et rigoureuses, il s’agissait de placer un jour qui permettrait de récolter les pots cassés et de ramener de la sérénité.

Bien sûr, tout dépend du vécu de votre semaine. Pour ma part, elle a été faite de hauts et de bas, les hauts étant liés à l’acceptation et à l’intégration du changement aussi bien qu’à la reprise de confiance liée à ce grand ménage ; les bas ayant pour origine le « choc » des prises de conscience et des décisions.

Ensuite, certaines mesures doivent être prises : pas d’écrans (sauf éventuellement un peu de télé  à la pause si vous en avez besoin) et pas d’activité de remplissage. Vous êtes face à vous et (éventuellement, si vous le jugez nécessaires), vous faites les choses lentement et dans le bien-être.

Enfin, tout ce que j’ai dit aboutit à une autre manière d’aborder le monde : vous laisser guider par vos énergies et votre spontanéité. Pour ma part, ma journée ne s’est pas du tout déroulée comme je l’avais imaginé. Il y a même eu deux évènements et trouvailles inattendues liées à mes activités.

La première, un livre extrêmement salvateur alors même que je cherchais avec un doux sourire ironique des ouvrages de réenchantement  : « La méthode Ikigai ». Je parle de sourire ironique parce que je déteste ce genre de livres marketés dans un style « zen » et autres conneries mais en ouvrant le livre j’ai vu qu’il était en fait un ouvrage très bien conçu avec de vrais outils qui sont surtout présentés avec les bons mots pour vraiment retrouver du sens (et c’est important, car les ouvrages austères un peu trop rigoureux ou – au contraire – les boulgi boulga spiritualistes qui ne mènent nulle part apportent respectivement trop cette impression d’être un « malade » en cure ou trop de confusion). Ce livre a été le livre dont j’avais besoin pour combler ce vide et comprendre surtout que ce vide que je ressentais était lié à une chose très humaine : l’absence de perspective du futur. Le fait qu’il ait été rédigé par un ingénieur (ce que je suis) et un littéraire (ce que j’aurais pu être) m’a aussi beaucoup plu. Je ne vous conseille néanmoins pas ce livre de manière universelle, à mon avis le « bon » livre est le livre qui vous parle et dont vous avez besoin dans sa forme comme dans son fond. Notez tout de même que malgré son titre sans doute choisi pour mieux se vendre, son contenu n’est pas l’outil présenté le premier jour qui prend à tout casser une dizaine de pages à la fin.

La seconde a été un film qui m’a beaucoup fait relativiser et ressentir une « nouvelle » part de moi : My Beautiful Boy. Il est d’ailleurs intéressant de voir à quel point l’exploration sans attentes particulière peut amener sur votre route ce genre de matériel sans que vous ne l’ayez cherché. Pour tout vous dire, je m’étais rendu au cinéma sans film particulier en tête, juste La Mule que je devais voir avec un ami qui n’était pas disponible. J’ai donc choisi ce film sur son titre, le reste m’attirant guère et ne sachant pas trop à quoi m’attendre. En l’occurrence, je ne pensais pas voir un film si terrible et déchirant. Je vous laisse voir de quoi il en retourne mais au cours du film le fils dont il est question déclare avoir eu recours à la drogue pour « combler son vide (intérieur) » (the hole, le trou). Outre le fait de voir que vous n’êtes pas tout seul, vous pouvez vous féliciter de mener le programme que vous menez avec moi si vous avez décidé d’appliquer cette méthode plutôt que de céder à la facilité. Et surtout à essayer de voir au delà de vous même, car souvent les adeptes du développement personnel ont tendance à se renfermer sur leur situation et leur « bien » en oubliant les conséquences qu’ils peuvent avoir sur les autres.

Résumé de la journée – Axes de parcours

Vous avez bien lu, il n’est pas question pour moi de vous livrer une méthode ici. De deux choses l’une, ce serait malhonnête. J’ai de nombreuses qualités mais ma gestion du bien-être et du réenchantement est loin d’être ma spécialité.  Au contraire, c’est comme si vous demandiez à un drogué de vous aider à vous sortir de la came.

Ensuite, comme je l’ai dit, cette journée est la vôtre. Je ne peux pour ma part que vous indiquer en quoi elle diffère des autres via mon expérience et des quelques chapitres que j’ai lu du livre cité plus haut.

Sa différence majeure tient au périmètre d’action, plutôt au plan sur lequel elle porte. Si toutes les journées précédentes avaient pour rôle de vous recadrer, celle-ci a pour mission de vous « remplir ». Ainsi, la question est : au-delà même de ce que vous avez identifié et visé, qu’est-ce qui fait que vous vous sentez étranger à vous-même, triste, vide ? Il n’est plus question du personnage que vous-êtes mais de son anima. Cette différence peut paraître subtil mais il est important que vous cherchiez à la comprendre.

1) La piscine du lavement

Je suis un peu embarrassé de cet aveu, mais je vous le dois et je me le dois en tant que personne qui assume, de plus le dédain est presque selon moi de la lâcheté, un autre matériau m’a beaucoup aidé dans la matinée. En effet, dans La villa des cœurs brisés (W9), Loana se livre à un exercice prescrit par sa coach qui consiste à traverser une piscine pour se « laver » de toutes les choses dont elle ne veut plus. La scène, assez bouleversante, a beaucoup fait écho en moi. Elle déclare notamment « ne plus vouloir être ce qu’on attend d’elle », « ne plus vouloir souffrir » ou encore « être aimée pour ce qu’elle est ». L’entendre dire qu’elle ne s’attendait pas à dire tout cela m’a fait me rendre compte de la pertinence de cet exercice qu’on pourrait penser un peu « naïf » mais qui au final est très efficace. Je l’ai pratiqué sur mon canapé (sans piscine évidemment :p) et j’ai également été très étonné de ce qui est sorti. j’ai fini par me dire que j’avais « perdu ma maison » et en fait je me suis rendu compte que j’accusais le coup de cette décision « rationnelle » de changer de travail et que je devais faire le deuil de cette partie.

2) L’importance des coupures

Suite à cet exercice, plutôt que de me jeter sur ma feuille pour solutionner le problème, je suis parti au centre commercial m’acheter des lacets et un livre que j’avais identifié. Au final, je suis reparti sans lacets et un autre livre que prévu, mais surtout avec une autre perspective sur le problème que je n’avais pas vue.

La leçon ? Il est important de suivre ces énergies. Quand vous en avez « beaucoup » fait, il est important de laisser les choses décanter. Après cela, je me suis fait la remarque, en voyant tous ces gens dehors, que je quittais une bulle mais que je retrouvais tout le Monde. Tout ce monde m’était à nouveau ouvert.

En revenant chez moi, j’ai alors brûlé mon papier « Entreprise XXX – 201x-2018 » et tiré un trait sur ceci. Après cela, je me sentais déjà du côté d’une autre barrière. J’avais vraiment passé le cap.

3) Humanité et futur

Entre autres choses, je me suis aussi rendu compte qu’au fond, même s’il est tentant de se dire que son cas est « spécial », je suis un humain comme les autres. Ainsi, les bonnes vieilles recette comme : s’occuper, trouver des activités, appeler un ami sont de vrais remèdes au blues voire à la dépression.

Ensuite, que vivre pour quelque chose était important. Je passe ainsi sur le livre cité plus haut (« La méthode Ikigai »). Il est important de ramener du rêve et un point lointain dans le futur. Si vos projets « raisonnables » ne vous motivent pas, prenez en de plus ambitieux. Et engagez-vous pleinement dans eux.

La méthode est la vôtre mais le livre préconise de se prescrire au moins un objectif « impossible » et une passion à maitriser à très long terme. Et c’était une réalité que j’avais oubliée : si je ressens ce vide, c’est que le futur s’est effacé.

Conclusion

Je ne sais pas si cet article vous sera d’un grand secours, cette journée étant assez particulière et personnelle. La seule chose à ne pas oublier et pourquoi vous êtes là. Rappelez-vous constamment les objectifs notés plus hauts :

  • Comment réenchanter ma vie ? Pourquoi suis-je triste ?
  • Comment améliorer mon bien-être ?

Je suis passé sur la seconde mais je l’ai traité dans ma journée. Notamment en notant une habitude néfaste à remplacer en 21 jours.

Pour ma part, j’ai aussi retenu deux leçons :

  • Le mépris des sources « bas de gamme » est au fond l’expression d’une certaine peur et ne permet en aucun cas de progresser. Pratiquez toujours l’ouverture d’esprit et l’approche empirique : essayez, vous ne risquez qu’une chose, d’être surpris !
  • Les bonnes vieilles recettes les plus simples sont souvent les meilleurs, surtout quand vous vous noyez dans la sur intellectualisation

Voilà, maintenant vous êtes devant la dernière ligne droite. A « demain » !