Rêve, ambition et objectif – Dynamiques

Histoire de revenir un peu à de l’intellectualisation – afin de synthétiser un peu mon expérience – j’ai pas mal réfléchi dans les transports sur ce problème des ambitions, des objectifs, etc. En fait ça a plutôt été comme une sorte de flash rapide mélangé à de l’écriture automatique mais bon on s’est compris…

On commence par un enfoncement de portes ouvertes : l’ambition se définit à un niveau individuel par référence à une valeur subjective tout simplement parce qu’elle se résume à une tension d’une position A vers une position B jugée « meilleure ».
C’est un enfoncement de portes ouvertes mais qui mérite quand même d’être posé puisque la notion d’ambition se réfère en général plutôt à une ambition sociale, i.e. de l’individu comparé à la société. On a donc rapidement fait de se flageller pour manque d’ambition ou d’en être accusé.

Mais cette notion d’ambition amalgamée à une valeur « objective » peut se comprendre en ce que l’ambition se situe quelque part entre le rêve et l’objectif.

Passons sur ce point pour revenir à l’essence de l’ambition : avoir la volonté de passer d’une position A à une position B « meilleure ». Cette position A c’est le soi dans l’état présent et B le soi dans un état futur relativement bien identifié. L’implication immédiate de cette logique amène à mettre en évidence un aspect essentiel de l’ambition : elle nécessite une « acceptation » du soi présent et la conscience d’un « manque », manque qui est comblé dans le futur état B. Comme le dit Johnny « On a trop donné bien avant l’envie ». Cette vision négative existe bien sûr dans une vision plus positive : j’aimerais augmenter A de B\A, cependant il s’agit essentiellement d’un changement futil de perspective, dans ce qui ne nous intéresse cela ne change rien.
L’illusion sur soi, le rejet de ses pensées/désirs, la négation de soi détruit donc l’ambition.

Réciproquement, l’adoption de la valeur « ambition » de l’inconscient collectif (ambition sociale) conduit à la négation de soi. Ainsi, nous tombons dans une boucle : je nie mon ambition => j’écrase mon moi => je ne suis plus en mesure d’aboutir à une ambition.

Revenons maintenant à cet autre regard sur l’ambition : quelque part entre le rêve et l’objectif. L’ambition est en effet un moi futur que l’on pense atteignable (moi dynamique j’entends, par exemple : celui qui a construit un engin capable de voler et qui en est fier). C’est une traduction du rêve :

– rêve : je veux voler comme un oiseau
– ambition : je veux construire un engin capable de voler et de me transporter
– objectif : je vais construire un prototype d’ici deux ans

Entre l’objectif et l’ambition, la différence peut être assez subtile voire inexistante. Cependant, l’ambition est toujours terminale alors que l’objectif peut être une étape à cette ambition (un objectif peut être déplaisant, par exemple devoir faire du démarchage pour lancer son entreprise pour une personne qui déteste). L’objectif est également plus précis et technique alors que l’ambition est encore assez malléable comme le rêve tout en incluant une part de ressenti. L’objectif est une exécution.

Bien sûr les trois peuvent se confondre : par exemple être champion du monde de natation. Mais est-ce bien vrai ? Le rêve inclut beaucoup d’éléments plus sensibles comme le fait de s’élever sur les gradins avec une pluie d’or, l’ambition peut inclure la fierté associée alors que l’objectif est seulement d’être champion. En somme, l’objectif rejette tout contrôle sur l’environnement qui est fixe (on ne va pas changer par exemple la difficulté du sport).

Je profite de ce dernier point pour embrayer : l’ambition, en ce qu’elle désigne un soi atteignable fait appel à la confiance en soi et à un jugement de faisabilité exogène. C’est tout le problème de l’égalité des chances :l’asymétrie de l’information et la répétition des schémas environnementaux. Quoi qu’il en soit, l’ambition est parfois sur le chemin du rêve : l’ambition de sortir de la pauvreté pour atteindre son rêve qui plus tard pourra devenir une ambition grâce à la confiance acquise. Ce qu’il faut en retenir : les biais cognitifs grèvent la capacité à l’ambition et l’absence d’ambition correspond à une vision floue du futur.

Que faire de tout ça ? Pas grand chose mais voilà ce que j’en retiens par recoupement avec mon expérience :

-> L’ambition propre naît du rêve, du moins d’une connaissance et acceptation de soi
-> L’ambition précède les objectifs, aligner les objectifs sans ambition correspond à adopter une posture par défaut qui conduit à l’annihilation de l’être
-> L’ambition n’est pas égale à l’ambition sociale
-> L’ambition se construit à partir du rêve, par confrontation à la réalité/à l’environnement (étude de faisabilité)
-> L’ambition ne naît pas d’une attitude de « gagnant hyperactif », bien au contraire, cette attitude peut uniquement en être une connaissance
-> L’ambition nécessite une acceptation de l’état de doute : le doute a un sens, bien qu’il soit fustigé au profit de profils assertifs
-> L’ambition n’est pas une notion absolue, les désirs fugaces qui sont une forme d’errance éphémères apportent le matériel à la définition du soi et donc à l’ambition

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